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De la fenêtre que sûrement jamais tu n’apercevras

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2. De la fenêtre que sûrement jamais tu n’apercevras 

Cher passant,

Entre deux mondes, de ma hauteur, je contemple les choses. Je vois la vie qui se déroule, et je vois les gens passer. Celui qui se presse et court après son transport, celui qui s’empresse de prendre son temps, celui qui amorphe mendie pauvrement, celui qui hélas passe par là indifférent, je les ai tous vus. Je les ai tous vus ces gens qui crient, aiment, rêvent et s’amusent en riant, je les ai tous vus, ces gens qui accourent, partent tristes et pleurants, je les ai tous vus.

J’ai aussi tant de fois observé ce Soleil monter, grimper dans l’azur, mais toujours tomber, s’effondrer et péricliter. Et j’ai encore vu la Lune dans les ténèbres faire de même et inlassablement revenir. Je suis de tous les temps, de l’infernal été, de la pluie et du vent au glacial hiver, j’étais là. Le temps passe et tombe tel les Hommes et je serai là.

Ces hommes que j’ai vu construire et se battre, le sang et les bombes dans la pierre. Je me suis parfois même vu mourir, de mes carreaux écorchés dans la rudesse seule qu’offre le temps ; mais demeure de l’autre côté la belle douceur du foyer.

Elle est là, intemporelle et immortelle, et nous nous protégeons l’un l’autre du temps. De ce temps qui change quand nous restons là. Du feu de cheminée, des yeux qui au loin s’élancent, des sourires qui partout se diffusent, des ombres qui lentement caressent, des doux pas sur parquet, des odeurs de tabac et de café, des chants et des rires, de la chaleur des repas, de la quiétude des sommeils…

Je resterai à l’intérieur de ce monde enchanteur mais serai à jamais passager de ce monde désenchanté.

Une fenêtre que sûrement jamais tu n’apercevras


Apostrophe numéro : 2

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