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De la passerelle disparue

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196. De la passerelle disparue

Cher(e)s habitant(e)s,

J’étais une passerelle. Comme dit mon ami Robert, je suis un pont étroit, réservé aux piétons. Je traversais l’avenue de la Bolière et la ligne de tramway. Je permettais aux habitants des immeubles Henri Troyat (ex Camille Flammarion), de rejoindre en toute tranquillité et sans danger le centre social Sainte Beuve, la Maison des associations, l’école ou le lycée et le théâtre Gérard Philipe. J’étais moins dangereuse que cette avenue. J’étais contente de voir les poussettes, les trottinettes rouler en toute quiétude. Je voyais des  enfants courir après un ballon, se dribbler et tirer vers un but imaginaire. Bien sûr, certains enfants se battaient. Certains passants restaient à côté de cette passerelle pour discuter. J’étais un passage du carnaval : c’était la fête.

Maintenant, on m’a démontée. Fini, le passage direct et sûr entre les immeubles « Henri Troyat » et les équipements culturels. Finis les échanges faciles entre les habitations du quartier Henri Troyat et les immeubles de la Dalle. Les ruelles qui menaient à moi, la passerelle, sont devenues des impasses. On peut encore jouer au ballon. Mais les trottinettes et les poussettes ne passent plus. C’est une partie de la vie qui disparaît.

Ma disparition complète était-elle nécessaire pour moins de violence et de trafic et une belle perspective de l’avenue de la Bolière vers le bâtiment de la faculté des lettres ?

La passerelle disparue


Apostrophe numéro : 196

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