Métro Post Forum

De la publicité lumineuse et animée

205. De la publicité lumineuse et animée

Tu me connais depuis peu si tu vis dans cette métropole : je phosphore dans ta nuit pour éveiller tes envies…
L’éclat de mes led est dit écolo, plus que le papier qui lorsqu’une publicité est dépassée, se voit jeté! Cela me fait rire qu’on prétende de telles choses. L’énergie nécessaire à ma fonction n’a jamais été sans conséquence environnementale (bonjour le nucléaire et son danger, bonjour les énergies renouvelables et leur cycle de vie limitée). Rien n’est parfait ! Et pourtant, certain.es me trouvent bien belles…
… Tout comme, les objets (d’impensable nécessitée cela va sans dire) que de créatives compagnies publicitaires ont animés pour repousser les frontières de l’espace et du temps où ton cerveau est disponible ! Je titille ton désir et crée des frustrations que seul l’achat pourra éteindre. J’espère que tu as de quoi calmer ce feu que j’ai allumé en toi…

Regarde-moi avec attention, avec profondeur. Je suis l’amie qui te veut du bien alors dis-moi que je suis la belle!

Quoi que tu en penses, on prévoit ma multiplication, m’a-t-on dit. A moins que tu n’agisses sur ma descendance ?

La publicité lumineuse et animée

Du château d’eau

199. Du château deau

Chers passants,

Souvenirs, souvenirs,… oui je me souviens d’un projet culturel un peu fou, intitulé Aux sources de La Source, grâce auquel j’ai eu la joie de permettre à un jeune et charmant couple de se balancer entre mes grands piliers ! Oui, un jeune homme et une jeune femme, sous chacune de mes arches. Des mannequins bien sûr, imaginés et fabriqués par une lycéenne.

Cela offrait au quartier un petit supplément de légèreté et de grâce à ma distribution deau qui reste indispensable, vitale et ce qui m’importe au plus haut degré, dans tous les logements du quartier, sans exception. Mais je me sens de moins en moins léger, demeurant inquiet sur le coût de l’eau que je fournis et qui augmente, mais aussi parfois sur son gaspillage, et surtout sa pollution.

Avoir en réserve l’eau, puis la distribuer, c’est ma tâche. Mais la récupérer, la salir le moins possible, ne pas la dépenser à tort et à travers, etc… y êtes-vous attentifs lorsque vous la buvez et consommez ?

Je vous en prie, chers passants, pensez-y,…

A votre santé !

Le château deau

Du trottoir (2)

188. Du trottoir (2)

Chers habitants,

Je suis le trottoir.  Pourquoi les gens me salissent avec des papiers ou des mégots ? Pourquoi est-ce que certains habitants m’entretiennent, désherbent, enlèvent la neige… et pas d’autres ? 

Le trottoir

Du vélo (4)

187. Du vélo (4)

Cher habitant,

J’ai deux roues et on ne pense pas toujours à m’utiliser comme moyen de mobilité. Je suis pratique pour les petites distances. Je ne coûte pas cher d’entretien et je suis écologique. C’est vrai que c’est moins agréable de se servir de moi quand il pleut.

Le vélo

De la nature

164. De la nature 

Le quartier est pourri, n’importe qui entre. Certaines personnes devraient rester dans leur quartier.

La nature

Du vent

163.  Du vent 

Je suis le vent et j’observe la nature.

Les cygnes vivent au bord du lac. Ils aiment attraper les poissons et les avaler.

Les abeilles sont indispensables dans la vie. Il faut protéger les abeilles, sans elles, il n’y a plus de miel.

Du miel, on en a besoin.

Les piqûres d’abeille ont des vertus guérisseuses, mais une fois qu’elle nous a piqués, elle meurt.

Elle contribue à la pollinisation des fleurs.

Le vent 

D’un grand dauphin

162. D’un grand dauphin

Chers habitants,

Un dauphin nettoie la mer en poussant les déchets vers les plages.  Il sauve des humains des noyades. Mais il n’aime pas les requins car ce sont ses prédateurs, ces derniers le mangent.

Il y a des dauphins blancs, noirs ou alors blancs et noirs.

Un grand dauphin

De l’arbre

159. De l’arbre

Chers habitants,

Je suis un arbre, je fais vivre le quartier, je filtre les bactéries, grâce à moi le quartier vit bien. Le quartier est en paix.

Un arbre

D’un arbre du parc de Lignerolles

156. D’un arbre du parc de Lignerolles

Chers habitants,

J’aime mon quartier car il est reposant. Il y a un air de campagne avec le verger et le parc.

Mais il y a des scooters qui gâchent la sérénité du quartier. C’est bruyant et dangereux pour les enfants et nos oreilles.

L’arbre du parc de Lignerolles.

De l’écureuil

155. De l’écureuil 

Quartier agréable avec un parc qui peut satisfaire un grand nombre d’habitants.

La maison Tati qui remplit bien son rôle : ambiance, savoirs, centre d’attraction du quartier.

L’écureuil

D’une bicyclette (3)

150. D’une bicyclette (3)

Cher habitant,

Lorsque tu te lances chaque matin de la semaine au volant de ta voiture, tu m’as peut-être remarquée sur mes deux roues, voire évitée au dernier moment en pestant contre ma façon si discrète de circuler sur la chaussée.

Le soir, lorsque tu rentres de ton travail, fatigué de ta longue journée, je zigzague un peu, tout étonnée d’être encore intacte. C’est alors que dans la nuit tombante, parfois sous la pluie et le vent, la lumière de mon phare, faible luciole, vient frapper la rétine de ton œil sur le rétroviseur de ta voiture te rappelant ma présence discrète mais bien réelle au cœur de la ville.

La bicyclette

D’une boite aux lettres aux Bahamas

149. D’une boite aux lettres aux Bahamas

Cher passant,

Je suis une boite aux lettres aux Bahamas. Toute petite au 10ème  étage d’un building. Une petite boite aux lettres comme mes 5 000 compagnes. 

Nous portons le nom de grandes sociétés multinationales que nous ne voyons jamais. 

On nous appelle « paradis fiscal ».

En bas, il y a Dorian, l’ouragan !

Il a cassé toutes les maisons et les huttes minables : c’est l’enfer climatique et personne nous aide ! J’y comprends rien !

La boite aux lettres aux Bahamas

Du brin d’herbe


 147. Du brin d’herbe

Cher passant,

Je suis un brin d’herbe : tous les Stéoruellans me piétinent, j’ai des milliers de copains et je ne sers à rien. Parfois les agents de la ville me coupent la tête, les enfants qui s’ennuient m’arrachent de ma bonne terre et me découpent en mille morceaux.

Le brin d’herbe

De la cigarette (2)

144. De la cigarette (2)

Cher passant,

On m’achète un peu partout mais pas dans tous les lieux.

Quand on me met dans la bouche, on ne m’aime pas.

Puis une et deux fois, on me savoure.

On m’aime, on m’achète, on me range et on m’allume.

Je suis petite en taille, et me consommer tue !

La cigarette

Du papier

139. Du papier

Cher passant,

Je viens des arbres.

On peut m’afficher ou me plastifier.

On me recycle.

Le papier

Du petit ruisseau

133. Du petit ruisseau

Chers riverains,

Bonjour, je suis le petit ruisseau au fond du jardin. Je ne suis qu’un tout petit filet d’eau claire où les brochets et les goujons et bien d’autres espèces se pavanent. Je coule très vite pour aller à la rencontre des jolis papillons et des libellules qui se posent délicatement sur mon dos. L’été, les enfants viennent patauger et faire trempette. Je les aime bien mais ils sont bruyants et me salissent.

Allez ouste ! Allez-vous sécher et vous réchauffer au soleil. Non, mais il faut savoir se faire obéir…

L’hiver, c’est le temps du repos, il n’y a pas beaucoup d’animations. Tout est endormi. Je grossis un peu par la faute de la pluie et de la neige.

Vivement les beaux jours que je redevienne mince et que je retrouve la vie autour de moi.

A bientôt.

Votre petit ruisseau

De la boîte en plastique

131. De la boîte en plastique

Cher bénévole,

Je suis enfermée dans un placard. J’entends à l’extérieur les bruits, les clameurs, les interpellations, les plateaux repas qui s’entrechoquent, les rires, l’eau qui coule des robinets, le crépitement des cuissons. Quelle effervescence dans ce Relais Orléanais ! Malgré la vie difficile de tous ceux qui ici viennent trouver réconfort et chaleur humaine, je ressens du fond de mon placard, la solidarité, l’humanité, et j’espère qu’un jour nous verrons plus de justice fiscale, moins de précarité.

Moi la boîte en plastique, sortie du supermarché, promenée dans le caddy au milieu des allées entourées de victuailles et autres produits de consommation, ensuite ouverte au milieu de la table familiale ; puis des allers-retours frigo table, table frigo jusqu’à la disparition de mon contenu,

« adieu fromage blanc 0% allégé au maxi et rempli de saloperies chimiques ».

Merci au bénévole qui a eu l’idée de m’amener ici au Relais Orléanais. Je serai remplie de nouveau, fini cette saloperie de soi-disant fromage blanc, mais remplie d’une partie de la généreuse portion servie pour un copieux repas, qu’une personne accueillie emportera pour son repas du soir. Je serai ensuite ramenée au Relais Orléanais, vide et propre. J’irai alors me reposer dans mon placard jusqu’à mon prochain voyage chez un autre habitué. Je serai remplie de nouveau d’un mets délicieux que la cuisinière bienveillante aura concocté avec l’assistance de nombreux bénévoles.

La boîte en plastique

De la venelle du marché

129. De la venelle du marché

Chers passants,

Au fil du temps, j’avais appris à reconnaître vos pas – lents ou pressés, sautillants ou réguliers, le roulement de vos vélos – fluide ou chaotique, ou de vos poussettes – toujours zigzaguant. Ces contacts sonores m’ont associée aux rythmes de vos vies – à la respiration de la ville, au cours du temps. Le retard au lycée et la flânerie du soir ; les heures d’école et les jours de marché ; les matins engourdis et la torpeur d’été. J’avais aussi appris la vie de la nature : petit à petit, l’herbe des bas côtés a vu fleurir une pervenche blanche, un bouquet de violettes, un genêt intrépide. Et peu à peu le lierre est venu habiller les troncs d’arbres, les murs et les grillages qui me sculptent le corps. Et les arbres ont poussé et laissé leurs racines me craqueler l’asphalte ; les haies ont épaissi, resserrant le passage. Et puis voilà qu’un jour, les mégots, les canettes, les mouchoirs, les déchets de tout poil (oui, ceux des chiens aussi, ceux qui collent aux chaussures) se sont multipliés, à peine contenus par quelques ramassages. A vos pas s’ajoutaient des gestes négligents qui me défiguraient – et cela empirait. Que vous avais-je fait ? Et puis un jour, tout s’est arrêté. Après quelques tatouages colorés (rigolos, sur le coup, c’était donc carnaval ?), des engins ont entrepris de creuser une tranchée, me privant de vos pas. Temps de galère pour vous, passants habitués, qui a duré plusieurs semaines… Vos pas ont ensuite à nouveau résonné, mais à un rythme déformé par les blessures subies. Et puis, nouvel arrêt. Place à d’autres machines, pour redessiner, niveler et… m’habiller de neuf ! Me voilà donc parée d’un nouveau revêtement, que je trouve encore un peu raide. Les bas côtés, recouverts de terre à la fin des travaux, commencent tout juste à verdir. Pourtant, je sens vos pas plus guillerets et vos roulements plus doux – et leur musique plus claire. Nous voilà donc repartis pour partager ensemble le jacassement des pies, les odeurs de l’été, les branches qui n’en font qu’à leur tête, et les fruits de l’automne, châtaignes et pommes de pin. Entre deux grillages, c’est vrai, mais c’est quand même, une bouffée de nature, un écho de campagne à la ville, pour aller travailler ou pour se promener. Mais les déchets, si laids, si repoussants, qui ont tous disparu : rassurez-moi, eux ne reviendront plus ?

La venelle du marché

De la route qui en a marre

125.  De la route qui en a marre

Bonjour cher habitant,

Je suis la route. J’en ai MARRE QUE TA VOITURE ROULE SUR MOI !! S’il te plait, fais en sorte d’arrêter.

Au revoir,

La route

De l’herbe du parc floral

122. De l’herbe du parc floral

Chers habitants,

J’en ai marre des déchets. Tout le monde me crache dessus, fait des besoins sur moi, me jette des ordures. Les enfants et leurs parents m’arrachent toujours, j’ai mal. Ils jettent leurs mouchoirs ou leurs chewing-gums. Ils m’utilisent et me font du mal.

L’herbe du Parc Floral

Du nuage qui raconte une scène de vie

120. Du nuage qui raconte une scène de vie

Cher passant, 

Afin d’encourager les habitants à prendre soin de leur environnement, s’investir dans leur quartier pour le rendre plus convivial et plus agréable, je t’adresse cette scénette de vie en été.

– Hé nuage…. peux tu m’envoyer un peu d’eau, je meurs de soif, je n’ai plus vu le bout du tuyau d’arrosage depuis deux jours !

– Oh là les fraises, vous n’êtes pas seules sur terre, il y a d’autres légumes qui réclament de l’eau également, vous attendrez votre tour comme tout le monde !

– Hé nuage, regarde mes feuilles et mes fruits qui se dessèchent, je t’en prie … quelques gouttes !

– C’est pareil pour moi supplie la tomate, je sèche sur pied … envoie nous un peu d’eau par pitié !

– Bon, je suis beau joueur, dans une heure j’envoie l’eau !

– Merci répond le basilic tout aussi assoiffé !

– Merci répondent en cœur la menthe, les tomates et les haricots verts qui n’en peuvent plus de cette sécheresse !

Sur une branche deux moineaux qui ont entendu l’appel des légumes se mettent à leur tour à piailler « de l’eau fraîche, de l’eau fraîche…. ! ». Les canards et les grenouilles se joignent à leur tour à cette douce cacophonie.

A cet instant le ciel s’obscurcit et une ondée rafraîchissante se répand sur le jardin ; végétaux et fleurs, jaunis par la chaleur, reprennent des couleurs sous cette douce averse ; notre amie l’abeille s’empresse d’aller butiner les rosiers, les petits insectes sortent à leur tour de la terre pour profiter de cette eau bienfaisante.

Assis derrière sa fenêtre, un vieux papy regarde avec le sourire aux lèvres, la vie reprendre dans son jardin.

Le nuage

De la fleur

109. De la fleur

Cher passant,

Je suis une fleur. Je sers à colorer tout le quartier des Dix Arpents, moi, et je propose que Monsieur le Maire, remette les bacs qui se trouvaient devant la pharmacie à côté du banc :

– pour que tous les usagers puissent profiter de ma beauté et de la joie des résidents qui y habitent et des passants qui viennent d’ailleurs.

– pour que la population soit  plus gaie, souriante, toujours de bonne humeur, plus sociable avec tous les individus de tous horizons.

Merci à tous

La fleur

Du lampadaire (2)

107. Du lampadaire (2)

Cher passant,

Je suis un lampadaire et de ma hauteur je veille sur un quartier très calme, mais parfois perturbé par de gros poids lourds qui se sont engagés dans une voie sans issue.

Ces bahuts n’hésitent pas à écraser les massifs de fleurs sur le trottoir voire enfoncer le portail d’une maison qui se trouve dans un virage pour se dégager.

Le lampadaire

De la rose rouge

106. De  la rose rouge

Cher passant,

Je suis très belle, et tous les jours les gens qui passent près de moi me font une caresse et me hume. Je sais, je sens très bon.

Je suis la rose rouge qui se trouve au coin de la rue de la mairie.

La rose rouge 

De la rose

104. De la rose

Cher promeneur,

Je suis une petite graine qu’on cache sous terre, on m’arrose d’eau. Couverte de terreau, le soleil éclaircit mes pétales pour que je grandisse. Chaque jour je prends de la hauteur.

Je décore les maisons intérieurement et extérieurement. Je suis en valeur dans les balcons  et les jardins. On me trouve dans les magasins ou sous terre.

Je  sens bon, je suis de plusieurs couleurs et je suis belle. Je suis agréable à offrir.

Je suis une rose.

La rose

Du Loiret

 76. Du Loiret

Chers habitants du Loiret,

Je suis la petite rivière qui a donné son nom au département, oui, je suis le Loiret,  paisible cours d’eau qui prend sa source au beau milieu du parc floral en compagnie des flamants roses et des colverts, dans le parfum de la roseraie. 

Les savants disent que je suis une résurgence de la Loire, autrement dit, je suis un brin du fleuve royal qui se serait perdu dans ses sables pour surgir plus en aval. Eh bien soit ! 

Non seulement j’ai la particularité de sortir de ce fleuve, mais très peu de temps après ma naissance j’y retourne un peu plus loin.

En effet, après une douzaine de kilomètres, à la pointe de Courpain, je retrouve ma génitrice. Je figure parmi les plus brefs cours d’eau de France, mais quel parcours ! Je traverse Olivet et me glisse aux creux de ses moulins, j’y accueille promeneurs le long du sentier des prés, et aussi des pêcheurs. Le coin est romantique à souhait avec ses cygnes, ses poules d’eau, ses canards et ses foulques. Je suis heureux également de servir de terrain de sport aux rameurs en tout genre.

A saint-Hilaire après mon passage sous le pont St-Nicolas, je rencontre la Pie, un tout petit ruisseau, encore une résurgence sans doute. Quelques barques abandonnées assurent aux photographes de splendides clichés et les chanceux peuvent également saisir le héron en plein vol. Puis je poursuis tranquillement ma course jusqu’à l’embouchure, où je retrouve ma mère la Loire. 

C’est ainsi que moi, modeste cours d’eau, je suis la signature d’un grand département. Et j’en suis fière croyez-moi ! 

Le Loiret

Du sapin

72. Du sapin

Bonjour, chers habitants du centre-ville d’Orléans,

Je suis le Sapin, le sapin de l’allée des sapins à Orléans La source. Sous mes frondaisons, les Orléanais sourciens aiment se promener, échanger, papoter, jouer. D’ailleurs, je ne suis pas seul comme espèce d’arbres dans cette belle allée de près de deux kilomètres de long. Comme membres de ma famille, on y rencontre des Epicéas, des Sapins Nordmann et autres.

Sous mes branches, on peut méditer. Toujours vert, je suis un messager qui encourage à poursuivre son chemin, à supporter les problèmes de l’existence comme mes branches supportent le poids glacé de la neige.

On y rencontre aussi le Houx qui, depuis la nuit des temps, notamment dans l’Antiquité païenne, est le symbole de la persistance de la vie végétale au cœur de l’hiver. Il est un symbole à l’occasion des fêtes de Noël.

Vous pouvez voir aussi du Gui : on dit que, lorsque des ennemis se rencontraient sous une branche de gui dans la forêt, ils devaient déposer les armes et observer une trêve jusqu’au lendemain. C’est de là que viendrait la coutume de suspendre une boule de gui et d’y échanger un baiser en signe d’amitié et de bienveillance.

Le Châtaignier, symbole de vérité, de vigueur, de générosité et de justice tient sa place, une allée lui a même été donnée à proximité.

Le Chêne bien entendu présent, symbolise la force invincible, la longévité, la solidité, la justice, la communication entre le ciel et la terre. Mais aussi l’hospitalité, la générosité, comme tous ces habitants que je vois passer chaque jour.

Je voudrais donner encore plus envie à toutes ces communautés fréquentant ces lieux, d’y revenir, d’y partager un moment pour discuter de la vie du quartier, du bien vivre ensemble.

Tout naturellement, je verrais bien au beau milieu de cette allée, un lieu où l’on pourrait, à mes côtés, retrouver :

– Un Cèdre du Liban : considéré comme un arbre sacré, il est mentionné dans les trois grandes religions monothéistes (Islam, judaïsme et christianisme).

– Un Olivier : symbole de longévité et d’espérance, l’olivier est réputé éternel. Il est le symbole de la paix, de la sagesse.

Bref, accueillir tous ces habitants d’ici et d’ailleurs, tout ce que doit être notre quartier, et vous m’en verriez réjoui.

Le sapin

D’une fleur de pissenlit

65. D’une fleur de pissenlit

Chers habitants,

Je suis une fleur de pissenlit. Je suis née sur le trottoir, entre deux fissures. Je sens bien que je ne devrais pas être ici, que je ne suis pas à ma place mais moi je veux vivre. Je suis venue au monde pour vous nourrir et que mes racines soient dans le terrain à côté de l’immeuble, là où sont mes congénères, ou ici, c’est quoi la différence ? Pourquoi n’aurais-je pas le droit de m’installer là où je peux grandir ? J’apporte ma lumière avec mes fleurs. Je ne suis pas exigeante, je ne joue pas aux grandes, je ne cherche pas à être la plus belle, je suis juste une parmi les autres.

Fleur de pissenlit

D’une chaise

 207. D’une chaise

Chers habitants,

J’étais une chaise qui a été rénovée, je me sentais bien et utile mais ça c’était avant que je finisse en charbon pour un barbecue.

Une chaise

Du soleil

 59.Du soleil

Chers habitants,

Je vous réchauffe, suis nécessaire à la vie avec la photosynthèse mais il faut se protéger de mes rayons ardents car je peux même faire brûler un bûcher (dessin), lorsque l’on lit le Temple du Soleil dans Tintin…

Le soleil.

De l’œillet rose

40. De l’œillet rose

Cher passant,

Je suis petit mais je me « renouvelle » chaque année. Après l’hiver, mes feuilles réapparaissent, puis mes fleurs se forment, s’ouvrent et embaument. Je résiste à la pluie, au soleil mais aussi à l’hiver et j’espère vous apporter un peu de bonheur en me contemplant.

Je suis un œillet rose.

De la terre

34. De la terre

Chers habitants des quartiers,

 Ne pensez jamais que c’est aux autres de prendre soin de moi… Si chacun pense à moi, je pourrai encore longtemps accueillir tes enfants, tes petits-enfants, tes arrière-petits-enfants…

La terre

 

De la petite fleur jaune

20. De la petite fleur jaune

Cher passant,

La petite fleur jaune qui pousse le long du trottoir, au pied d’un mur. Quelle énergie ! Dans ce milieu miné, la nature reprend ses droits. Combien de temps pour faire disparaître le bitume ? Inutile.

La petite fleur jaune

 

De la poubelle de tri sélectif

19. De la poubelle de tri sélectif

Chers passants,

Je suis essentielle pour votre vie quotidienne, le recyclage est primordial pour notre société, pour un avenir meilleur.

La poubelle de tri sélectif

 

Du courant d’air

18. Du courant d’air

Cher passant,

Courant d’air je suis. J’oxygène la planète. Éteins donc ton moteur s’il te plaît, quand je passe, pour mieux apprécier le bleu du ciel, la douceur de la soirée, l’arôme du breuvage.

Le courant d’air qui t’aime

 

Du bus électrique

15. Du bus électrique

Cher passant,

J’ai besoin des structures nécessaires pour pouvoir réaliser vos déplacements 100% vert.

Le bus électrique

 

De la bicyclette

De la bicyclette

Cher passant,

Je suis une bicyclette. Je veux une terre pour que les humains vivent en dignité et en égalité en vrai !

Si seulement celles et ceux qui doivent utiliser leur automobile le faisaient et bien notre terre respirerai.

La bicyclette.

D’un dos d’âne à un automobiliste bêtement chafouin

4. D’un dos d’âne à un automobiliste bêtement chafouin

Nous vivons dans un monde étrange, il faut bien l’admettre mon cher automobiliste. Je vous devine chafouin, laissez-moi m’expliquer avant de me juger. J’ai beau dresser les oreilles, je ne parviens pas à comprendre pourquoi, moi et mes semblables, nous poussons comme des champignons sur les rues de votre cité si urbaine. Pourtant ici pas plus qu’ailleurs, il n’y a la queue de l’un de mes congénères. Nonobstant, je suis partout, j’entrave votre envie de sillonner la ville aisément, je vous contraint à lever le pied, je vous secoue, je vous soumets parfois à des chocs violents.

Les uns manient la carotte, d’autres le bâton tandis que les édiles jouent du dos d’âne sans modération. Qu’importe l’endroit, je me mets en travers de votre chemin, j’amortis les chocs, je vous contraint à ralentir, je fais obstacle à votre volonté d’aller de l’avant. Je suis le coup de pied de l’âne, celui qui va briser vos amortisseurs, vous forcer à passer au marbre à moins que le coup ne soit fatal et ne vous conduise tout droit en enfer.

Une rue nouvelle se doit de disposer de son cheptel asinien. Mulets et bourricots, nous avons remplacé nos frères, les gendarmes couchés et les coussins berlinois, nos cousins germains qui sont passés de mode. Le dos d’âne est revenu en odeur de sainteté ; nous sommes la nouvelle vague de la police montée. Malheur à qui nous aborde un peu vite, il va racler sa belle carrosserie et risque de finir dans le décor.

Nous sortons sans doute d’un élevage juteux dans lequel poussent également les potelets et les pavés glissants, tous ces joyeux obstacles qui parsèment vos rues, vous promettant de joyeux séjours aux urgences. La sécurité est notre dada, non pas la vôtre, ne soyez pas dupe, mais celle de l’échevin qui profite de moi pour récupérer des pots de vin.

Si l’âne a besoin de son, l’élu aime à ce qu’on lui graisse la patte, histoire de se remettre en selle pour sa prochaine campagne électorale. Tout est bon dans le mobilier urbain pour faire cracher ces cochons de contribuables. L’âne a bon dos puisqu’il n’est pas assujetti à l’impôt local. Dans certaines cités d’ailleurs, comme celle de laquelle je vous écris, il se murmure que plus nous serons nombreux, plus il y aura de chance de bénéficier de la visite du pape. C’est sans doute l’expression d’une grave confusion qui échappe à la raison.

En tout état de cause, ce sont les conducteurs qui font le gros dos tandis que leurs passagers découvrent les joies de la bête à deux dos. Le véhicule ahane, les chaos placent les automobilistes au creux de la vague tandis que les carrossiers se frottent les mains et les pilotes lèvent le pied. Les poulets s’amusent de n’avoir plus à contrôler les vitesses excessives dans cette basse-cour métropolitaine. 

Je sais une rue où pas moins de quatorze de mes congénères ont ainsi été placés pour contrarier un bonimenteur notoire. L’homme a pris le mors aux dents, il se cabre, rue dans les brancards et se propose de botter l’arrière-train du maudit responsable de tant d’âneries. Il convient du reste d’émettre une protestation, une plainte visant à défendre ma réputation. J’ai remarqué que nous allons toujours de paire, qu’un monticule précède le suivant. Il aurait été plus judicieux de nous qualifier de dos de chameau, la zoologie n’y aurait pas été troublée.

C’est sans doute dans le souci louable de ne pas mettre la puce à l’oreille aux usagers de la chaussée que ce vocable a été écarté. Pourtant tous ces dos d’ânes provoquent des poches d’eau, interdisent l’écoulement des eaux pluviales. Chameau eut en ce sens été bien plus évocateur au risque de déplaire aux tenants d’un nationalisme exacerbé.

Voilà cher automobiliste, vous savez tout désormais de mon courroux et de l’immense contrariété qui est la mienne tout autant que la vôtre. Je vous offre un cassis pour obtenir votre pardon en vous proposant mes plus plates excuses.

Le dos d’âne

Du nuage qui raconte une scène de vie

120. Du nuage qui raconte une scène de vie

Cher passant, 

Afin d’encourager les habitants à prendre soin de leur environnement, s’investir dans leur quartier pour le rendre plus convivial et plus agréable, je t’adresse cette scénette de vie en été.

– Hé nuage…. peux tu m’envoyer un peu d’eau, je meurs de soif, je n’ai plus vu le bout du tuyau d’arrosage depuis deux jours !

– Oh là les fraises, vous n’êtes pas seules sur terre, il y a d’autres légumes qui réclament de l’eau également, vous attendrez votre tour comme tout le monde !

– Hé nuage, regarde mes feuilles et mes fruits qui se dessèchent, je t’en prie …. quelques gouttes !

– C’est pareil pour moi supplie la tomate, je sèche sur pied …. envoie-nous un peu d’eau par pitié!

– Bon, je suis beau joueur, dans une heure j’envoie l’eau !

– Merci répond le basilic tout aussi assoiffé !

– Merci répondent en chœur la menthe, les tomates et les haricots verts qui n’en peuvent plus de cette sécheresse !

Sur une branche deux moineaux qui ont entendu l’appel des légumes se mettent à leur tour à piailler « de l’eau fraîche, de l’eau fraîche…. ! ». Les canards et les grenouilles se joignent à leur tour à cette douce cacophonie.

À cet instant le ciel s’obscurcit et une ondée rafraîchissante se répand sur le jardin ; végétaux et fleurs, jaunis par la chaleur, reprennent des couleurs sous cette douce averse ; notre amie l’abeille s’empresse d’aller butiner les rosiers, les petits insectes sortent à leur tour de la terre pour profiter de cette eau bienfaisante.

Assis derrière sa fenêtre, un vieux papy regarde, avec le sourire aux lèvres, la vie reprendre dans son jardin.

Le nuage

Du macadam

29. Du macadam 

Holà les passants,

Vous allez, vous marchez. Vous regardez vos godasses.

Je supporte vos pas, souvent vains.

Dessous, ça ne frémit plus, ça ne vibre plus, depuis longtemps.

Quelle idée de me répandre partout !

J’aplatis, j’arase, j’étouffe, j’uniformise.

Vous n’aimez pas le vent, les fleurs, les fruits, la fraîcheur, la beauté ?

Les cliquètements, les bourdonnements, les zonzonnements des insectes ?

Les chants des oiseaux ?

Le macadam

De la petite graine

35. De la petite graine

Cher passant,

D’une petite graine anonyme, j’ai voulu devenir une belle plante verte au milieu de ta ville, pour t’apporter l’oxygène, l’évasion agréable, la beauté si nécessaires à notre vie actuelle. Ma tête voulut sortir de terre, mais n’a jamais pu pousser le béton, les pavés. Mes bras se sont tendus vers le ciel, mais n’ont jamais pu soulever le goudron, mon corps s’est arc-bouté, contorsionné entre le ciment, la ferraille et autres matériaux rigides, sans pouvoir éclore… Mes pieds n’ont jamais pu se dresser sur la pointe… Je suis restée enfermée dans la terre/nature, sous les constructions humaines. Cher passant, pense à moi, fais en sorte et demande qu’un jour, la verdure puisse trouver une belle place dans ta ville et s’épanouir en harmonie avec ton environnement…

Un grand pas vers le Bien-être et la sérénité.

Merci Passant.

Je te salue vertement.

La petite graine