Métro Post Forum

De la télévision

204. De la télévision

Chers habitants,

Faut m’allumer ! Je fais feu de tout bois, de toute info ! Qu’elle soit bonne ou mauvaise, intéressante ou pas, rigolote ou pas, …

Faut m’allumer ! Je fais feu de tout bois, de toute fiction, plus ou moins inspirée, décoiffante ou pas, glaçante ou pas. Mais au moins, pendant ce temps-là, ça vous occupe, aussi bien jeunes que plus anciens, non ?

Faut m’allumer ! Je fais feu de tout bois. Et ainsi, je peux vendre toutes mes productions louches, chaudes ou froides, mes soupes toutes prêtes, chaudes ou froides, mes cabines de douches, chaudes ou froides,

Faut m’allumer ! Je fais feu de tout bois, des horreurs comme des malheurs, des vérités comme des contre-vérités, des songes comme des mensonges,

Faut m’allumer ! Je fais feu de tout bois, des documentaires et même des documenteurs, à propos de la vie dans les quartiers ou les campagnes, peu m’importe !

Faut m’allumer ! Je fais feu de tout bois…

La télévision

Des dattes

203. Des dattes

Chers passants,

Nous, fruits, songes de soleil, symboles de fertilité, de prospérité, de bonheur, nous aimerions tant être les gestes de bienvenue, d’accueil, de réconciliation, voire de fraternité ou même d’amitié… en lieu et place des indifférences, incompréhensions, maladresses, insultes, incivilités, ou autres horreurs dont on pourrait peut-être se passer …

Des dattes

Du karcher

201. Du karcher 

Chers habitants de quartiers,

Roi des compresseurs à eau, que dis-je le roi ?

Le souverain ! L’empereur ! Voire le despote ?!

Pourquoi donc faut-il que je vienne à votre porte ?

Que vous manque-t-il pour avoir besoin de moi ?

 

Vous appréciez comme tous la propreté,

Faites en sorte qu’elle soit plus respectée.

C’est le presque fameux proverbe qui l’assène :

Propreté ordonnée commence par soi-même !

 

Roi des compresseurs à eau, que dis-je le roi ?

Le souverain ! L’empereur ! Voire le despote ?!

Pourquoi donc faut-il que je vienne à votre porte ?

Que vous manque-t-il pour avoir besoin de moi ?

 

Ne laissez pas à certains la délectation

Ni à moi, de venir vous faire la leçon !

Collectivement, ensemble, chacun, chacune

Rêvez les gestes qui ne demandent pas la lune…

 

Roi des compresseurs à eau, que dis-je le roi ?

Le souverain ! L’empereur ! Voire le despote ?!

Pourquoi donc faut-il que je vienne à votre porte ?

Que vous manque-t-il pour avoir besoin de moi ?

 

Est-ce toujours ou souvent la faute de l’autre

Si les poubelles ne voient jamais marée haute ?

Pensez, imaginez, créez pour recycler

Sans amalgame l’image de ce quartier.

 

Roi des compresseurs à eau, que dis-je le roi ?

Le souverain ! L’empereur ! Voire le despote ?!

Pourquoi donc faut-il que je vienne à votre porte ?

Que vous manque-t-il pour avoir besoin de moi ?

Le karcher

De….?

198. De… ?

Bonjour habitant.e.s,

Vous me connaissez ? Un peu ? Beaucoup ? Peut-être pas du tout !??

Moi, en tous cas, je ne vous connais pas trop bien. Mais je vous confesse que ça ne me dérange pas trop ! J’en connais seulement quelques-uns parmi vous toutes et tous ! Et puis j’avoue, je n’aime pas trop quand c’est banal, ordinaire, simple, ou quotidien, normal quoi !

Mais allez, aujourd’hui, je suis bon prince avec vous, on va jouer… Oui, j’aime me rendre utile mais pas que ! J’adore jouer et surtout faire jouer ! … J’aime aussi appâter, exciter, faire envie, provoquer, faire baver même !

J’aime également me déguiser, me transformer, changer de nom et aussi d’aspect …

Comme vous voyez, j’aime jouer aux devinettes ! On continue ?

Moi, on me gagne, on me touche, on me perd, on m’encaisse, on me convoite, on me tire, on me soutire, on me claque, on m’empoche, on me ramasse, on m’épuise, on me parie, on m’espère, on me reçoit, on me cache, on me trafique, on fait chauffer la carte à ma place, moi, on me vole, on me copie aussi , on m’économise ou on me dépense, on n’arrête pas de me dépenser… moi, on me désire, on n’arrête pas de me désirer…

Il y en a qui me disent propre et d’autres, parfois, sale ! Dans ce dernier cas il faut me blanchir ! Vous avez trouvé ?

Eh oui ! Je suis le fric, la monnaie, les billets, les chèques, le flouze, le blé, la thune, le pèze, le pognon, des briques, des pépètes,… largent quoi !

Largent

De la voiture

186. De la voiture 

Cher habitant,

Je pourrai te servir tous les jours pour répondre à tes besoins en mobilité, je pourrai te faciliter la vie au quotidien pour aller travailler, faire les courses, aller chercher les enfants. Mais je sais que je coûte cher et que je ne suis pas toujours adaptée à ton budget. En plus, ça peut arriver que je tombe en panne et tu dois souvent me mettre de l’essence ou du gasoil pour que je puisse fonctionner. 

La voiture

De la musique

 181. De la musique 

Cher passant, 

Vous pouvez m’entendre à différents endroits. Je m’inspire de paroles, de discours, de poèmes. J’apprécie être accompagnée de différents instruments. Je fais chanter tout le monde, dans la rue, dans une maison, dans un magasin et ce que j’aime le plus c’est le karaoké. Vous pouvez également m’entendre d’une radio. Je rends et j’ai rendu célèbres un tas d’artistes. Je suis écrite et chantée dans toutes les langues du monde. On ne pourra jamais se passer de moi, je suis la musique.

La musique

Il est… Je suis …

 165. Il est…. Je suis…

Se promener dans le quartier peut être super mais… Quelle idée, il faut pousser, aie, aie, aie ,… trop dur, obstacle ; que 3 cm de hauteur mais il faut de la force mais quand c’est chargé ça passe moins facilement. Prendre de l’élan et franchir ? Oups, risqué… Alors, faire un détour et passer par ailleurs. OK, c’est fait. 

Mince alors, ça ne passe pas, pas assez large. Des passants qui se poussent mais d’autres pas. 

Quel jeu ! Mais parfois c’est un véritable marathon. Des obstacles à bout de champ. Si je n’existais pas, tout serait si simple. 

Ma taille, plus petite, ma largeur dans les règles de la conformité, je suis homologué, conditionné à des normes draconiennes mais au bout du compte, je suis confronté à tant d’injustices ! Tant de choses ne sont pas adaptées à moi. Parfois, je n’ai pas le droit de passage. Pourquoi ? Ce n’est pas parce que l’on ne veut pas de moi, j’ai bonne gueule, marathonien avec de belles couleurs mais c’est tout simplement à cause des obstacles, beaucoup de place. Un peu de géométrie avec des angles, des degrés de pente… tout ça, c’est mon quotidien. 

Alors, m’avez-vous reconnu ? 

Du kebab

142. Du kebab

Cher passant,

Beaucoup de personnes aiment me manger.

Ça se mange accompagné de frites.

Ça se mange dans la cité à la table de ping-pong.

On me mange dans un Kebab.

Le kebab

De la table de ping-pong

141. De la table de ping-pong

Cher passant,

Les personnes jouent sur moi avec une balle.

Parfois je me plie.

J’ai un filet.

Il y en a une dans la maison de quartier, dedans et à côté.

La table de ping-pong

Du papier

139. Du papier

Cher passant,

Je viens des arbres.

On peut m’afficher ou me plastifier.

On me recycle.

Le papier

Des lettres

134. Des lettres

Bonjour, 

Nous sommes les lettres de l’alphabet, nous dansons et nous nous posons pour former le mot ÉGALITÉ. Quel que soit notre ordre, nous avons toutes notre importance.

Je suis le E, je suis la première lettre dut, quel honneur !

Ne t’en fais pas, je suis juste derrière toi, je suis le G.

J’arrive en troisième position, bien que je sois la première de l’alphabet, je suis le A.

Je suis le L, je me sens bien entre deux voyelles, je les domine de toute ma hauteur.

Je suis le I, je n’ai aucun complexe d’être à côté du L.

Je suis le T, je suis l’avant dernière lettre de ce mot, il en faut bien une.

Je suis le E, j’ai l’honneur de terminer ce si joli mot.

L’égalité

De la boîte en plastique

131. De la boîte en plastique

Cher bénévole,

Je suis enfermée dans un placard. J’entends à l’extérieur les bruits, les clameurs, les interpellations, les plateaux repas qui s’entrechoquent, les rires, l’eau qui coule des robinets, le crépitement des cuissons. Quelle effervescence dans ce Relais Orléanais ! Malgré la vie difficile de tous ceux qui ici viennent trouver réconfort et chaleur humaine, je ressens du fond de mon placard, la solidarité, l’humanité, et j’espère qu’un jour nous verrons plus de justice fiscale, moins de précarité.

Moi la boîte en plastique, sortie du supermarché, promenée dans le caddy au milieu des allées entourées de victuailles et autres produits de consommation, ensuite ouverte au milieu de la table familiale ; puis des allers-retours frigo table, table frigo jusqu’à la disparition de mon contenu,

« adieu fromage blanc 0% allégé au maxi et rempli de saloperies chimiques ».

Merci au bénévole qui a eu l’idée de m’amener ici au Relais Orléanais. Je serai remplie de nouveau, fini cette saloperie de soi-disant fromage blanc, mais remplie d’une partie de la généreuse portion servie pour un copieux repas, qu’une personne accueillie emportera pour son repas du soir. Je serai ensuite ramenée au Relais Orléanais, vide et propre. J’irai alors me reposer dans mon placard jusqu’à mon prochain voyage chez un autre habitué. Je serai remplie de nouveau d’un mets délicieux que la cuisinière bienveillante aura concocté avec l’assistance de nombreux bénévoles.

La boîte en plastique

De la chaussure un peu usée

127. De la chaussure un peu usée

Cher passant,

Je veux vous conter mon  histoire : que l’on m’appelle « chaussures, souliers, godillots, sabots, bottes, tennis, escarpins, mocassins, ballerines ou savates 2 doigts », je suis toujours en compagnie de pieds… grands, petits, déformés, enflés, cornés. Qu’importe je les aime ces pieds qui m’habitent!!!

Quand je suis neuve je suis fière d’arpenter les rues , les ruelles ou courir sur des terrains de jeux… mais après quelques années on voudrait me remplacer, me jeter… mes semelles sont usées, le cuir, la toile trouée. Je fais la grimace!!

Non , je veux encore des pieds, qu’ils soient voisins ou lointains…

Alors là… j’atterris sur l’étal d’un vide-grenier, j’aime pas du tout ; on me touche, on me retourne, on me met les doigts dans le ventre, on me tripatouille mille fois, etc. Et puis on me laisse, voire on me jette… et là je crains de finir à la poubelle ! Aie ! Aie ! 

Non, non et non, j’ai une idée, comme j’aime voyager je m’embarque vers une collecte internationale de chaussures un peu vieillies… ici je suis sûre de partir pour l’Afrique, l’Afghanistan, l’Inde ou le Pérou ou la Colombie et de trouver des pieds pour moi !

Mais encore le doute d’être abandonnée m’envahit. J’ai entendu dire qu’en un lieu très proche les grandes pointures manquaient . Il faut vous dire que neuve,  je faisais du 43, mais maintenant après bien des kilomètres parcourus, je suis avachie, déformée et je pointe vers les 44 ou 45 Il paraît que ce lieu est au 41bis du fg Madeleine et que beaucoup d’hommes passent par cette maison… J’y cours à grands pas et là une bénévole m’accueille tout sourire , m’aligne sur une étagère avec d’autres « copains » du plus petit au plus grand…

Dès le lendemain matin un grand gaillard arrive, dans ce «garage à chaussures» si je puis dire et hop! celui-ci n’a d’yeux que pour moi… Un peu grand pour ces nouveaux pieds peut-être ? Et bien non! je repars pour une nouvelle vie avec ces nouveaux pieds . Le bonheur m’envahit !

Que d’autres chaussures pour grands pieds viennent dans cette maison au grand cœur : c’est le Relais Orléanais! Vous connaissez ?

                                                           Voyage d’une chaussure un peu usée!!!

De la route qui en a marre

125.  De la route qui en a marre

Bonjour cher habitant,

Je suis la route. J’en ai MARRE QUE TA VOITURE ROULE SUR MOI !! S’il te plait, fais en sorte d’arrêter.

Au revoir,

La route

Du lampadaire de la rue de Verdun

124.  Du lampadaire de la rue de Verdun

Cher passant,

Ils m’ont remplacé, oui ils m’ont remplacé. Lève la tête. Oui c’est moi le lampadaire ou plutôt l’esprit du lampadaire. Avant celui-ci, tout beau tout neuf qui se recharge avec le soleil, j’étais moi-même un lampadaire, tout simple. Oh bien sûr je n’affichais pas les mêmes performances énergétiques comme ils disent que mon successeur, mais j’avais un certain succès.

La rue de Verdun de Fleury était moins passante à l’époque mais j’avais déjà une place de choix à son extrémité. Les soirs d’été, les gamins du quartier se rassemblaient sous mon abat-jour. Ils se tordaient le cou pour me regarder d’en dessous, hypnotisés par l’animation qui se jouait autour de ma lampe ;  c’est qu’il y avait du monde là-dessous ! Des centaines de hannetons attirés par ma lumière tournaient jusqu’à en perdre la tête et tomber au pied des gamins ébahis. C’était un rituel, tous les étés les enfants du quartier venaient au rendez-vous des hannetons sous mon abat-jour.

Un soir, un soir parmi les soirs, inoubliable, deux voitures sont arrivées en trombe et se sont arrêtées au coin de la rue. Elles venaient y terminer une course poursuite. La vitre arrière de la plus belle des deux autos était ouverte et les enfants ont reconnu… Claude François ! Il avait donné un concert à Orléans et poursuivi par des hordes de fans s’était enfui. C’est du moins ce que j’ai entendu le lendemain de la bouche d’habitantes du quartier qui commentaient la République du Centre.

Point de portable, point de selfie, point de cris non plus, les enfants, je m’en souviens, sont restés muets, interloqués et c‘est seulement quand les voitures eurent redémarré qu’une petite fille a dit « Oh ben alors, c’était cloclo ! ».  J’ai perdu ce soir-là mon statut de vedette ; la lumière était dans les yeux des enfants et les hannetons dansaient autour de ma lampe dans la plus grande indifférence.

Le lampadaire de la rue de Verdun

De la machine à coudre

123. De la machine à coudre

Chers habitants,

Tissus, patrons, crayons, points droits, zig-zag, doubles aiguilles, canettes, bobines, fils, épingles, ciseaux, mètres ruban…

Me voilà prête à coudre ! A confectionner des vêtements ! A créer des sacs ! A  broder des fleurs ! À surpiquer ! À faufiler ! A fabriquer de jolis habits pour mes amis, ma famille, mes voisins… Je fais plaisir et je me fais plaisir !!! 

La machine à coudre

Du banc (2)

113. Du banc (2)

Cher résident,

Je suis bien installé dans ce parc au milieu des HLM, d’ailleurs beaucoup me choisissent pour venir se reposer ou passer un après-midi avec les enfants. A la tombée du jour, je n’aime pas quand les grands ados me salissent avec leurs chaussures boueuses en prenant mon dossier comme assise. Ils s’en moquent bien. Ils sont davantage préoccupés par leur trafic illicite et curieusement changent de sujet à l’approche de la vieille dame du quatrième.

A côté de moi, les services de la mairie ont placé une poubelle, mais elle ne doit pas être assez visible car bien souvent ils jettent leurs canettes et boîtes de fast-food sur la pelouse. Mais il n’y a pas qu’eux, les mamans sont sans réaction quand un de leurs petits ignore les usages de bienséance. Alors devant moi, je ne vois qu’un espace vert jonché de détritus.

Quelle désolation !

Le banc

Du lampadaire de St-Jean de la Ruelle

108. Du lampadaire de St Jean de la Ruelle

Cher passant,

Si j’étais un objet dans St Jean de la Ruelle je serais un lampadaire. Je vois tout ce qui se passe dans la ville de St Jean de la Ruelle comme les enfants dans le parc.

Le lampadaire de St Jean de la Ruelle

De la frite (2)

103. De la frite (2)

Cher consommateur,

On vient me chercher au Kebab ou au Mac Do, aussi dans les grandes surfaces, je suis surgelée ou faite maison, on me trempe dans des petites sauces Ketchup et mayonnaise. On me baigne dans un bain d’huile ou de végétaline, on m’essore sur du essuie tout, on me sale, je suis souvent accompagnée de mes amis le poulet et l’hamburger. Quand on me mange je croustille sous la dent, je suis longue, épaisse ou fine, je suis grasse, croustillante et moelleuse. Trop d’abus, je fais prendre des kilos.

Je suis la bonne frite !!

La frite.

Du chocolat

101. Du chocolat

Cher passant,

Je suis noir, blanc, au lait, je peux être liquide ou dur, je fonds au four, je refroidis au frigo, je suis croquant aux éclats de noisette, caramel, fleur de sel… Je suis un anti-stress, avec modération je suis bon pour la santé, je suis attirant pour tout le monde, on me trouve souvent dans les anniversaires, mariages,  ou même devant la télévision. On m’aime sous toutes les formes, à n’importe quel moment de la journée on peut me déguster. On me trouve dans tous les magasins. On peut m’emmener partout, je prends peu de place, je suis à croquer.

Je suis le chocolat.

Le chocolat

De la feuille de papier sulfurisé

99. De la feuille de papier sulfurisé

Cher passant,

Je n’ai pas toujours été là, à me traîner sur le sol, roulée en boule, toute graisseuse et couverte de poussière. Il y a quelques jours de ça, j’étais une belle feuille de papier sulfurisé posée sur le comptoir d’un snack. Au « Roi du kebab », je me sentais princesse à attendre qu’on confie à mes bras attentifs un sandwich, à la viande de mouton et ses frites dorées. Je rêvais de voir le monde aperçu au travers de la vitrine embuée.

Mes compagnons d’aventure, je les ai entourés de tous mes soins, jusqu’à l’arrivée de gros doigts affamés qui ont dévoré mes protégés sans autre forme de procès. Je me suis retrouvée posée sur les genoux de mon tortionnaire, vidée de toute énergie, à nouveau seule et bien sale désormais. Les gros doigts désormais rassasiés m’ont empoignée une dernière fois pour m’écrabouiller et me jeter par la fenêtre sur le parking du supermarché. 

La feuille de papier sulfurisé

De la machine à café (2)

98. De la machine à café (2)

Cher comité d’entreprise,

Je vous remercie de la place que vous m’attribuez dans votre bâtiment. Je suis au courant de tout ce qui se passe et j’écoute toutes les personnes pendant leurs pauses. Vous avez su voir en moi une capacité d’accueil, afin de répandre la bonne humeur. 

Mais voilà ! Pourquoi est ce que je ne travaille que pendant que vous êtes en pause ? Je souhaite donc prétendre à un job à temps plein, compte tenu des années d’expérience que j’ai (j’ai quand même 30 touillettes) !

J’ai su en plus évoluer au sein de votre entreprise, proposant chocolats chauds, soupes ou cappuccinos. 

En espérant une réponse favorable à ma demande, veuillez agréer, je vous prie d’accepter ce café sucré. 

Électriquement vôtre,

Votre machine à café

De la voiture portée disparue

95. De la voiture portée disparue

Cher passant,

Je suis arrivée en France par le plus grand des hasards. Mon pays s’appelle l’Espagne. Je brille, je suis lustrée tous les jours. Une famille formidable prend soin de moi, dès qu’une tâche ou une saleté apparaît, je passe au rouleau. Mais un jour je pars en courses au supermarché, quelqu’un me brise une partie de moi, monte, démarre, et je roule sans m’arrêter en France. J’ai traversé des montagnes à vive allure et là j’arrive à la Canebière, entourée de plein d’amies à moi qui avait été portées disparues depuis de nombreux mois. Je repartis chargée de gros cartons, à vive allure, ma destination finale fut l’Allemagne.  

La voiture

De la caméra

93. De la caméra

Cher passant,

Qui suis-je ? Je ne bouge pas mais je vois beaucoup de choses ! Je vous observe, vos faits et gestes à tout moment de la journée. J’observe mes animateurs en pleine action et j’observe tout ce qui se passe à tout moment. Vous ne m’aurez pas ! Qui suis-je ? Eh ben oui, une caméra ! 

La camera

Du banc

91. Du banc

Cher passant,

A l’aube de mon nouveau jour, j’attends avec impatience la venue de personnes qui s’assoient sur moi. Je ne parle pas mais j’écoute, j’entends des rires, des pleurs, de l’émotion. Parfois il y en a qui me prennent pour un fauteuil. Mais le pire c’est en fin d’après-midi : il y a quelques jeunes qui ne me respectent pas, qui ne prennent pas soin de moi, qui essaient de me déplanter. 

Je suis un pauvre banc mais qui est là pour vous reposer.

Le banc

Du manteau

90. Du manteau

Cher passant,

Je suis un manteau, heureusement que je suis là pour tenir chaud, surtout les matins. Le plus souvent, je reste par terre et je deviens tout sale. Les personnes marchent sur moi. A cause de la météo, surtout en ce moment, je suis mouillé. Je reste souvent seul dans la cour de l’école car je suis oublié, néanmoins les parents me retrouvent. Merci.

Le manteau

Du tigre

89. Du tigre

Cher passant,

Je suis un tigre, j’ai une belle vie. Je passe mon temps à dormir et à manger. Je sors du haut de mon perchoir (dans un arbre, et oui je sais grimper). En plus, tout le monde a peur de moi, mon rugissement suffit pour éloigner tout le monde ; sauf les braconniers. Ce sont les seuls qui n’ont pas peur de moi, au contraire ils me chassent pour ma belle peau et mes belles dents, et le seul point négatif. 

La vie d’un gros chat est quand même bien non ?

Le tigre

De la chaise

88. De la chaise

Cher passant,

Je suis une chaise. Tous les enfants et adultes s’assoient sur moi, les dames de ménage me soulèvent pour le rangement, les enfants se cachent dessous, montent sur moi, ne s’assoient pas comme il faut. Je vais perdre un pied un jour si ça continue. On me pousse, on me frappe, ce n’est pas si évident d’être une chaise.

La chaise

Du téléphone

87. Du téléphone

Cher passant,

Je suis un téléphone et tout le monde m’aime, peu importent mes défauts et mes qualités. La plupart du temps je suis beau avec un beau design mais je sais aussi hypnotiser les gens pour qu’ils restent à s’occuper de moi le plus longtemps par jour.

Grace à moi les gens communiquent et créent de belles aventures humaines.

Le téléphone

Du gentil petit chien

85. Du gentil petit chien

Cher passant,

Je suis un gentil petit chien bien gâté, je me promène tous les jours et surtout quand il fait beau. J’ai le droit de faire tout ce que je veux : sauter, aboyer, marquer mon territoire en faisant pipi sur tous les murs et toutes les voitures et aussi je fais caca où je veux sur les trottoirs et même sur les massifs fleuris.

Je voudrais que ma propriétaire prenne la peine de ramasser mes crottes car ce n’est pas bien propre pour la ville.

Le gentil petit chien

Du lampadaire de rue (2)

84. Du lampadaire de rue (2)

Cher passant,

Je suis un lampadaire de rue. Je vois beaucoup de monde passer en dessous de moi, s’appuyer. J’ai un visuel jusqu’à la plage où je vois des gens se baigner dans la mer si bleue, si belle. Oh que j’aimerais aussi me baigner avec eux. Mais ma place est là sur le trottoir.

Le lampadaire

De l’appareil photo

79. De l’appareil photo

Cher passant,

Je suis un appareil photo qui est arrivé sur le quartier de La Source dans les années 60. A cette époque, le quartier se construisait avec de nouveaux immeubles, de jolies maisons, autour des lacs, de l’orée de Sologne ou de l’université.

Que de photos j’ai fait au fur et à mesure que le quartier se développait avec tous ces habitants jeunes, pleins de vie, avec cette verdure préservée, avec de grands arbres, les oiseaux, les cygnes dans les lacs, les écureuils etc. 

Photographier toutes ces jeunes femmes joyeuses avec des tenues légères, cheveux au vent.

Mais je vais devoir aller faire des photos dans un autre quartier car maintenant ce sont des femmes vêtues de noir, qui d’ailleurs font peur aux enfants qui les prennent pour des fantômes. Quel dommage moi qui aimais tant mon quartier. 

L’appareil photo

De la tasse de café

78. De la tasse de café

Cher habitant,

Je suis une tasse de café. Je suis posée quand il fait beau sur un plot face au bar et je suis à l’initiative de rencontres, entre copains et avec des passants enfin quelques-uns. Une dame passe et plaisante avec les propriétaires de cette tasse de café.  Je suis donc à l’initiative de discussions avec des personnes souvent laissées à l’écart car différentes des autres. C’est qui les autres ? Ceux qui boivent leur café chez eux au chaud et à l’écart des gens différents.

La tasse de café

D’une frite

73. D’une frite

Cher habitant,

Aie, tu me mords. Ça fait mal… Tout comme ça fait mal à ton système digestif, car je suis bourrée de graisses brûlées, non respectées… Tout ça, au nom de l’argent facile et rapide.

Si tu me respectais, dans tout l’art de la lenteur et du culinaire, tu découvrirais que tu peux aussi te respecter et t’aimer…

Je suis une frite.

De la bouche d’égout du coin de la rue

63. De la bouche d’égout du coin de la rue

Bonjour, vous, habitants du quartier,

Je suis la bouche d’égout du coin de la rue. Vous passez sans me voir… mais moi, j’ai le temps de voir vos pieds. Y en a des grands, des petits, des bien chaussés, et des mal chaussés. Mais tous vont vers leur destination. Moi, je ne fais pas de différence : tous ces pieds ont leurs raisons d’être là et tous ont le droit de vivre et de poursuivre leur chemin.

J’aime bien penser que, comme moi, vous allez aimer les pieds de tous ceux qui marchent dans votre quartier et aider les propriétaires de ces pieds à poursuivre leur chemin…

La bouche d’égout du coin de la rue

De la table de ping-pong

209. De la table de ping-pong

Je suis la table de ping-pong du quartier des Chaises. Rares sont les moments où on joue avec moi. Les habitants préfèrent s’asseoir sur moi. Cela me fait mal. Je ne comprends pas !

La table de ping-pong

Du trottoir qui s’effrite

208. Du trottoir qui s’effrite

Au secours, chaque jour, des vilains pieds me piétinent. Je souffre car des parties de moi-même me quittent pour ” je ne sais où”. Il faudrait me refaire une beauté ! Cela éviterait aux humains de tomber à cause de moi.

Le trottoir qui s’effrite devant la MPTM

D’une chaise

 207. D’une chaise

Chers habitants,

J’étais une chaise qui a été rénovée, je me sentais bien et utile mais ça c’était avant que je finisse en charbon pour un barbecue.

Une chaise

Du dé

50. Du dé

Bonjour à toi cher habitant,

Tu vis des moments heureux, peut-être difficiles parfois, pleins d’espoir ou désespérants. Comme toi, ma vie est aussi traversée par des phases diverses. Il faut toujours garder la joie en soi et ne pas laisser le hasard décider pour nous.

Le dé

Du crayon (1)

45. Du crayon (1)

Salut, les gens !

Je suis fait pour noircir le papier, mais seul, je ne suis rien…Il me faut des échos, il me faut écouter et sculpter la feuille ! Comment ? Vous avez dit ? Et encore… ! La mine est bien taillée, alors allons-y. Merci.

Le crayon (1)

Du crayon (2)

45. Du crayon (2)

Salut, les gens…

Je suis le crayon, mais je ne suis qu’un outil, j’ai besoin de vos mains, de vos pensées, de vos désirs, pour noircir la feuille.

Je vous attends, tous avec moi.

Le crayon (2)

Du crayon à papier

42. Du crayon à papier

Cher habitant,

Quelquefois, je me trouve bien seul, sur le coin de la table. Personne ne fait attention à moi. Les petits-enfants prennent un crayon de couleur, les écoliers écrivent avec leur stylo-bille, les adultes, quand ils veulent écrire une belle lettre, se servent de leur stylo-plume. Quant aux ados, ils ont rangé depuis longtemps tous ces outils. Ils ne servent plus que de leurs doigts pour écrire sur le clavier de leur téléphone. Et pourtant, j’aimais beaucoup qu’on se serve de moi, pour écrire la liste des courses, pour remplir les cases blanches des mots croisés ou pour écrire un mot d’amour. Est-ce qu’un jour on va repenser à moi ?

Le crayon à papier

Du lampadaire de rue

 33. Du lampadaire de rue

 Cher passant,

Pousse-toi un peu, y’en a d’autres à côté. Aïe, aïe ! Ce sont les roues de la poussette, elles m’ont foncé dedans. Tu peux t’adosser mon vieux papi, je suis là pour ça. Je sais bien que l’eau de la pluie peut nettoyer ma belle allure mais ce n’est pas une raison pour cracher sur mes fondations. J’en ai assez déjà des pattes levées de ces chiens mal dressés dirigeant leur jet puant sur moi. Quand vient le soir, je suis le plus heureux et j’ai fière allure, la lumière jaillit de mon dedans et guide le mouvement. C’est merveilleux ces étoiles naissantes de cette fine pluie combiné à la lumière que je répands.

Le lampadaire de rue

 

Du réverbère

28. Du réverbère

Cher habitant,

Je voulais te dire que je suis ici, immobile depuis longtemps. Bien sûr, quand tombe la nuit, je dois t’éclairer, mais c’est vrai que souvent je reste aussi sombre que la nuit d’hiver. J’en suis triste pourtant je te vois passer, sous ton bonnet, je vois aussi trottiner ta voisine avec son petit chien. Que des ombres furtives, pressées de rentrer, de filer ! Quand je suis en pleine clarté, je te vois t’arrêter à mon pied, t’appuyer contre moi pour rouler ta petite cigarette. J’aime bien quand je sers à quelque chose. L’autre jour, un jeune homme que je ne connaissais pas s’est arrêté juste sous mon nez, a tiré un vieux journal de sa poche et s’est mis à déchiffrer ! Là, j’étais ravi !

S’il te plaît, cher habitant, peux-tu vérifier que je puisse toujours t’éclairer ? Peux-tu demander cela ?

 Merci d’avance. 

Le réverbère

 

De la barque de pêcheurs

22. De la barque de pêcheurs

Cher passant,

Je suis une petite barque de pêcheurs. J’ai la vocation de flotter librement sur les flots déchaînés, sur les vagues apaisées. Si je ne suis pas retenue, par une corde, par une ancre, je souhaiterais aller sur toutes les mers du monde, là où il n’y a pas de frontière, il n’y a pas de barrière. Je voudrais être libre de toute entrave.

La barque de pêcheurs

 

D’une étagère

174. D’une étagère 

Cher habitant, 

Je suis une étagère. En plusieurs morceau sur le trottoir, j’avais toujours pensé rester bien au calme chez mes propriétaires mais un jour ils m’ont délaissé. J’aurais préféré vivre ma retraite chez d’autres propriétaires, à la déchetterie ou me donner une seconde vie dans une ressourcerie à côté. 

S’il vous plaît, ne me laisser plus sur le trottoir, je me sens encombrante.

Une étagère

De la cage d’escalier

173. De la cage d’escalier 

Cher habitant, 

Je suis une cage d’escalier. Je vois passer tous les jours tous les habitants de cet immeuble. Je vois les mamans avec leurs enfants qui courent pour arriver à l’heure à l’école. Les voisins qui discutent de la pluie et du beau temps en attendant l’ascenseur. Le facteur qui vient distribuer le courrier. Les jeunes qui viennent se réchauffer et rigoler. Parfois on me laisse propre parfois on m’encombre et j’ai du mal à vous voir. J’aime bien sentir le balai de la femme de ménage et vos voix chaque jour.  

La cage d’escalier

De l’halogène

172. De l’halogène 

 Chèr(e)s habitant(e)s, 

Je suis cet halogène qui vous accompagne tous les soirs. Avec cette lumière chaleureuse, douce et bienveillante, je vous rassemble entre ami(e)s, collègues, avec les membres de la famille pour que vous passiez un beau moment d’échange, de partage et de convivialité. C’est aussi vous apporter du réconfort et des beaux moments le plus possible. Je suis finalement quelque chose de simple mais nous sommes tous ensemble des forces réunies pour gravir des montagnes ensemble.  

L’halogène