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Du cimetière

202. Du cimetière

Chers habitants,

Qui pourrait se vanter, autre que moi, d’être un lieu où toutes et tous sont reçus, normalement, avec autant d’égalité ?  J’accueille dans le même triste et regrettable état, riches et pauvres, hommes et femmes, jeunes (malheureusement !) et moins jeunes, blancs et de toutes couleurs, croyants et non croyants, quels qu’ils soient ! Qui peut en dire autant ?
Mais c’est quand même bien dommage d’attendre la mort pour que cette égalité soit plus ou moins atteinte ! Non ?
Le cimetière

De la tour Eiffel

182. De la Tour Eiffel 

Chers passants, 

Vous me voyez de loin, on dit que je ressemble à une girafe, tout le monde m’aime, les enfants, les femmes, les hommes. Mon corps transpire parfois sous la chaleur. On me trouve en légo, en fer, en stickers… Je touche les nuages, les étoiles ? Je me dresse avec mes longues jambes.

Je suis très fière. On m’appelle la Tour Eiffel.

La tour Eiffel

Du petit chat

166.  Du petit chat 

Chers habitants,

Je suis un petit chat, j’adore venir dans les centres sociaux pour rencontrer plein de personnes agréables avec qui on peut se promener, discuter et faire des activités. Le quartier de La Source est sympa mais on retrouve trop de papiers et de saletés par terre alors qu’il y a assez de poubelles. Il faudrait aussi des activités le week-end sur Orléans pour occuper les enfants surtout l’hiver. 

Je suis le petit chat, le plus mignon et qui adore le monde.

Du racisme

151. Du racisme

Je suis partout, depuis toujours. 

Cependant, je ne suis pas nécessaire. 

J’empêche la paix et le partage. 

Trop d’amalgames, je veux que tous les hommes ne fassent qu’un. 

Aimez-vous selon vos affinités et pas d’amalgame !

Le racisme

De la liberté

132. De la liberté

Chers patriotes,

Bonjour, je suis la liberté, je suis fière de mon nom et j’apparais au fronton de toutes les mairies de France.

Je suis heureuse d’avoir libéré de leurs chaînes les esclaves noirs, je les ai rendus libres, libres de circuler, libres de mener leur vie, libres de chanter, danser, courir, d’avoir des ailes. Ne plus sentir l’oppression sur eux, quelle joie !

Ça, c’était il y a longtemps car je déplore qu’au 21 siècle des personnes vivent encore privées de liberté. Je suis frustrée de ne pas avoir réussi à en donner un peu à tous ceux de par le monde qui sont oppressés. Je le ressens comme un échec.

Demandez-moi quel est mon rêve ? Eh bien, je souhaiterais que tous les humains soient libres, sans chaîne sans pression, sans esclavage moderne.

A bon entendeur, salut

La liberté

De la harpe

121.  De la Harpe

Chers voisins,

Les élus ont baptisé mon lieu-dit « Rond-Point de la Légion d’Honneur » et j’estime qu’à ce titre les honneurs me sont rendus. Ils les ont aussi rendus à ceux qui ont combattu pour La France, ses valeurs, sa culture et ses traditions. Également à tous mes contemporains qui militent pour les préserver.

Je suis très bien située au carrefour du passé et de l’avenir. Et vous m’avez reconnue : je suis la harpe gigantesque qui vous sert de repère. Du haut de ma console je peux tout observer, entendre et dire…. Je murmure au gré du  vent le chant sourd et quelque peu lugubre des partisans, des résistants, des martyrs dont les histoires défilent sur des variations poignantes allant d’Oradour sur Glane à Verdun… Je regarde ce passé et dis « Attention – Danger – Préservez la Paix »

Mais si l’Histoire sert de repère et d’exemple, elle ne doit pas être un frein à l’avenir. J’ai cette chance d’avoir derrière moi le Parc de l’Hermitage. Combien de couples ai-je vu se former, se marier ? Combien de futures mamans  sont venues prendre l’air et se détendre pour enfin pousser le landau ? Que de joies ai-je partagées à leur insu mais combien ont été bénéfiques ces moments de paix tournés vers un avenir qui chante… Avec le Parc, tous ces moments nous ont fortement aidés à faire pousser les fleurs, à voir grandir les arbres, à recevoir oiseaux et hôtes divers au sein de notre espace. Bien sûr il y a aussi des drames, des séparations, des altercations, des « choses » bizarres que la morale réprouve… mais il paraît que ça fait partie de la vie des humains, qu’ils ne savent pas faire autrement que  se mettre en marge du chemin… enfin, pas pour tous, heureusement ! Je regarde l’épanouissement de la vie et dis «Construisez – Bâtissez – Ayez des projets »

Sur ma gauche se trouve le collège Condorcet. Mathématicien célèbre, élève précoce il soutient sa thèse à l’âge de 16 ans et militera pour la généralisation de l’éducation scolaire de tous les jeunes Français. Combien d’enfants me croisent chaque jour, combien j’aimerais leur faire comprendre l’importance des études, de la culture générale… Comme j’aimerais les faire réfléchir sur la nécessité de l’instruction ! Je regarde cet avenir en construction et dis « Ne négligez pas votre demain. Profitez de ces années qui vous sont consacrées. Apprenez, anticipez, donnez-vous les moyens d’un avenir épanoui. Ne devenez pas le frein de votre vie ! »

Enfin, de toutes parts je vois passer voitures, vélos, motos, scooters, défilé incessant de gens pressés, impatients, nerveux mais pas que… Il existe fort heureusement des gens heureux, détendus, attentifs et polis qui rassurent quant à l’avenir alors je dis « Relativisez, vous n’avez aucune certitude absolue sur l’heure qui vient alors battez-vous pour construire et vivre en paix, la tête haute et l’esprit au repos ».

Mélodieusement vôtre,

La Harpe

Du crayon qui passe de main en main

116. Du crayon qui passe de main en main 

Cher passant,

Je suis un crayon, j’ai bonne mine, je passe de mains en mains. Tantôt un petit garçon essaie de me tenir entre ses petits doigts pour écrire un gentil mot à sa maman et dessiner un joli cœur. Arrive son grand frère qui me malmène pour laisser un papier comme quoi ce soir il ne sera pas à la maison. Il m’emmène avec lui et me perd en route. 

Un homme me ramasse, me regarde et écrit sur l’affiche située en face des insanités, des gros mots sur les jeunes qui boivent leur café non loin et il se sauve me laissant en plan. 

Une jeune fille me regarde et elle me prend dans ses doigts et me met dans sa poche bien au chaud. Elle est douce et gentille. Arrivée au lycée, elle me sort et écrit « Je t’aime mon petit cœur ». Le jeune rougit et…

Voilà mon périple et mon histoire.

Le crayon qui passe de main en main

Du corbeau

94. Du corbeau

Cher passant,

Je suis un corbeau, je vois chaque matin les enfants et les collégiens qui se dirigent vers leurs établissements scolaires… Mais voilà je vois beaucoup de rancunes.

Nous chez les corbeaux nous décidons ensemble et si nous ne sommes pas d’accord, grand-père corbeau prend la parole. Pourquoi chez vous cela ne se passe-t-il pas comme ça ?

Le corbeau

De la tolérance

74. De la tolérance 

Cher passant,

C’est l’histoire de la tolérance, d’une petite tolérance qui voudrait devenir grande. Elle se démène tous les jours, se fait belle, mais rien n’y fait : peu de gens se retournent à son passage. Et pourtant, elle voudrait être adoptée par toutes et tous… Elle a encore du travail, elle doit persévérer, le temps que les gens règlent leurs différends et acceptent leurs différences.

La tolérance

De la statue “La Belle Bleue”

57. De la statue « La Belle Bleue »

Mes chers politiciens,

Des lois ont été votées, des droits acquis…

Je suis passée par l’appareil photo avant de devenir une « Belle Bleue », j’ai été tracée à la sanguine.

J’ai rencontré de nombreuses personnes qui n’ont pas forcément réagi en bon sens pour ma part.

Je me suis exprimée sur scène, jouant, chantant, seule ou en groupe. Dernièrement, j’ai rencontré certains artistes et depuis cela, je suis dorénavant exposée sur table ronde dans ma salle à manger.

Mesdames, messieurs les politiciens, un corps quel qu’il soit, homme ou femme, ne cherche pas les coups, la maltraitance, il demande tendresse, caresse…

Statue La Belle Bleue

D’un oiseau

52. D’un oiseau

Cher passant,

Je suis un oiseau. J’ai la chance de pouvoir me poser sur terre ou de m’envoler très haut, très haut. Je suis content aussi de m’avancer vers vous pour picorer au passage ce que vous aurez laissé tomber ; mais surtout pour vous écouter discuter de ce qui vous soucie, vous préoccupe et que vous vous donnez la peine de discuter avec les autres, si divers à tous points de vue. Excusez cette longue phrase. Chacun est divers par son origine, son lieu de vie (ou ses lieux), ses expériences, ses émotions, sa formation… mais il y a aussi des ressemblances …

Un oiseau

Du dé

50. Du dé

Bonjour à toi cher habitant,

Tu vis des moments heureux, peut-être difficiles parfois, pleins d’espoir ou désespérants. Comme toi, ma vie est aussi traversée par des phases diverses. Il faut toujours garder la joie en soi et ne pas laisser le hasard décider pour nous.

Le dé

De la lune (2)

46. De la lune (2)

Chère amie,

Au cœur de la nuit, quand les ténèbres enveloppent la ville qui s’endort, je suis là, je veille, même si je suis de temps en temps cachée par les nuages. Ma clarté silencieuse vient consoler le cœur brisé de celui qui n’arrive pas à dormir, vient apaiser les tumultes de l’angoisse, donner l’espoir au prisonnier.

La lune

Du palmier

 30. Du palmier

Cher passant,

Si l’on est migrant,

Un regard, un sourire,

Cela veut dire qu’on existe pour quelqu’un

Vaincre l’indifférence

Faire société

Créer du lien

Et reconstruire ensemble ce monde abîmé

En prenant soin de l’autre et de la vie.

Le palmier

 

D’un saxophone

26. D’un saxophone

Que mes notes résonnent

Pour cultiver la paix

Et interdire les guerres !

Que notre pays s’engage enfin

Pour aider les quartiers,

Et que pour les budgets

Répondent à leurs besoins !

Répartir la richesse

Pour que la misère baisse

Pas de milliards pour les armes !

Mais pour vivre en humains !

Des transports, du travail, des soins !

Un saxophone

 

De la barque de pêcheurs

22. De la barque de pêcheurs

Cher passant,

Je suis une petite barque de pêcheurs. J’ai la vocation de flotter librement sur les flots déchaînés, sur les vagues apaisées. Si je ne suis pas retenue, par une corde, par une ancre, je souhaiterais aller sur toutes les mers du monde, là où il n’y a pas de frontière, il n’y a pas de barrière. Je voudrais être libre de toute entrave.

La barque de pêcheurs

 

De la machine à café

21. De la machine à café

 Cher passant,

Chaque matin vers 10h tu te réjouis de retrouver grâce à moi les collègues que tu apprécies. Quelle joie de vous procurer chaleur et convivialité, environnés d’un parfum évoquant des horizons lointains !

Cher passant, profite bien de ce moment et passe une journée épanouissante et joyeuse.

La machine à café

 

De la volonté

14. De la volonté

Cher passant,

Dans cette vie, la seule vérité sur laquelle tout le monde s’est mis d’accord, c’est le fait que l’on ne sera dans ce monde que pour un temps. Pour le reste, tout peut être changé, discuté, débattu, défendu, dénoncé. Prenez le temps qui vous est accordé pour devenir la personne que vous voulez être, et pour faire de ce monde un lieu dans lequel votre existence aura été signifiante.

La volonté

 

De la graine d’histoire

7. De la graine d’histoire

Cher·e passant·e,

Je suis une graine d’histoire.

Je veux grandir pour que l’égalité réelle entre les femmes et les hommes existe avant que je meure !

Dépêchons-nous !

La graine d’histoire

De l’empathie

6. De l’empathie

Cher passant,

Se comprendre soi, c’est comprendre les autres.

Soyez honnêtes envers vous-mêmes et un nouveau monde s’ouvrira à vous : celui qui nous appartient.

L’empathie

De la fraternité

5. De la Fraternité

Chers habitants,

Au départ, j’ai eu plutôt de la chance : tout le monde me connaît, me cite. Pensez donc, je figure sur les frontons de la République depuis plus de deux siècles, sur les papiers à en-tête de l’administration, à côté de mes deux sœurs. Je vois défiler des tas de gens, mais ce sont toujours mes sœurs que l’on invoque.

J’ai l’impression que l’on m’oublie, je vois qu’on rejette celui qui n’est pas comme les autres, celui qui a fuit son pays parce qu’il est en guerre, parce qu’il y règne pauvreté et sécheresse. Je n’entends personne invoquer mon nom, j’en vois peu qui pratiquent ce que je symbolise. On réclame toujours Liberté, Égalité mais je n’entends personne appeler FRATERNITÉ.

La Fraternité

De la fenêtre que sûrement jamais tu n’apercevras

2. De la fenêtre que sûrement jamais tu n’apercevras 

Cher passant,

Entre deux mondes, de ma hauteur, je contemple les choses. Je vois la vie qui se déroule, et je vois les gens passer. Celui qui se presse et court après son transport, celui qui s’empresse de prendre son temps, celui qui amorphe mendie pauvrement, celui qui hélas passe par là indifférent, je les ai tous vus. Je les ai tous vus ces gens qui crient, aiment, rêvent et s’amusent en riant, je les ai tous vus, ces gens qui accourent, partent tristes et pleurants, je les ai tous vus.

J’ai aussi tant de fois observé ce Soleil monter, grimper dans l’azur, mais toujours tomber, s’effondrer et péricliter. Et j’ai encore vu la Lune dans les ténèbres faire de même et inlassablement revenir. Je suis de tous les temps, de l’infernal été, de la pluie et du vent au glacial hiver, j’étais là. Le temps passe et tombe tel les Hommes et je serai là.

Ces hommes que j’ai vu construire et se battre, le sang et les bombes dans la pierre. Je me suis parfois même vu mourir, de mes carreaux écorchés dans la rudesse seule qu’offre le temps ; mais demeure de l’autre côté la belle douceur du foyer.

Elle est là, intemporelle et immortelle, et nous nous protégeons l’un l’autre du temps. De ce temps qui change quand nous restons là. Du feu de cheminée, des yeux qui au loin s’élancent, des sourires qui partout se diffusent, des ombres qui lentement caressent, des doux pas sur parquet, des odeurs de tabac et de café, des chants et des rires, de la chaleur des repas, de la quiétude des sommeils…

Je resterai à l’intérieur de ce monde enchanteur mais serai à jamais passager de ce monde désenchanté.

Une fenêtre que sûrement jamais tu n’apercevras

De la cage d’escalier

173. De la cage d’escalier 

Cher habitant, 

Je suis une cage d’escalier. Je vois passer tous les jours tous les habitants de cet immeuble. Je vois les mamans avec leurs enfants qui courent pour arriver à l’heure à l’école. Les voisins qui discutent de la pluie et du beau temps en attendant l’ascenseur. Le facteur qui vient distribuer le courrier. Les jeunes qui viennent se réchauffer et rigoler. Parfois on me laisse propre parfois on m’encombre et j’ai du mal à vous voir. J’aime bien sentir le balai de la femme de ménage et vos voix chaque jour.  

La cage d’escalier