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Des dattes

203. Des dattes

Chers passants,

Nous, fruits, songes de soleil, symboles de fertilité, de prospérité, de bonheur, nous aimerions tant être les gestes de bienvenue, d’accueil, de réconciliation, voire de fraternité ou même d’amitié… en lieu et place des indifférences, incompréhensions, maladresses, insultes, incivilités, ou autres horreurs dont on pourrait peut-être se passer …

Des dattes

Du cimetière

202. Du cimetière

Chers habitants,

Qui pourrait se vanter, autre que moi, d’être un lieu où toutes et tous sont reçus, normalement, avec autant d’égalité ?  J’accueille dans le même triste et regrettable état, riches et pauvres, hommes et femmes, jeunes (malheureusement !) et moins jeunes, blancs et de toutes couleurs, croyants et non croyants, quels qu’ils soient ! Qui peut en dire autant ?
Mais c’est quand même bien dommage d’attendre la mort pour que cette égalité soit plus ou moins atteinte ! Non ?
Le cimetière

Du bonheur

197. Du bonheur

Cher.e.s  habitant.e.s,

Moi, le bonheur, je ne me sens pas toujours coupable ! Mais grave question pour moi, j’ai bien l’impression de ne pas avoir mon libre arbitre !!?

Moi, le bonheur, je dirais un peu banalement que je ressemble à un gâteau. A un bon et gros gâteau. Mais qui tient le couteau pour me partager ? Qui décide de me distribuer ainsi ? Qui contrôle ma répartition ?

Bien sûr dans vos quartiers, je me sens être savourée à petites bouchées par les regards bienveillants et les sourires rencontrés, parfois grâce à la famille ou au voisinage, être appréciée souvent selon la solidarité, les entraides… Mais les difficultés de logement, de santé, de travail et de leurs conditions rendent difficiles voire impossibles ma dégustation.

Car, à mon insu, je sens bien que mes grosses parts vont trop souvent vers les mêmes et vous, habitant.e.s des quartiers, vous n’avez droit qu’à une toute petite portion voire à quelques miettes dignes d’être tout juste offertes à des moineaux !

Alors que chacun, chacune me désire tout autant, non ? Chacun, chacune a droit de me connaître au mieux, non ?

Le bonheur

De la passerelle disparue

196. De la passerelle disparue

Cher(e)s habitant(e)s,

J’étais une passerelle. Comme dit mon ami Robert, je suis un pont étroit, réservé aux piétons. Je traversais l’avenue de la Bolière et la ligne de tramway. Je permettais aux habitants des immeubles Henri Troyat (ex Camille Flammarion), de rejoindre en toute tranquillité et sans danger le centre social Sainte Beuve, la Maison des associations, l’école ou le lycée et le théâtre Gérard Philipe. J’étais moins dangereuse que cette avenue. J’étais contente de voir les poussettes, les trottinettes rouler en toute quiétude. Je voyais des  enfants courir après un ballon, se dribbler et tirer vers un but imaginaire. Bien sûr, certains enfants se battaient. Certains passants restaient à côté de cette passerelle pour discuter. J’étais un passage du carnaval : c’était la fête.

Maintenant, on m’a démontée. Fini, le passage direct et sûr entre les immeubles « Henri Troyat » et les équipements culturels. Finis les échanges faciles entre les habitations du quartier Henri Troyat et les immeubles de la Dalle. Les ruelles qui menaient à moi, la passerelle, sont devenues des impasses. On peut encore jouer au ballon. Mais les trottinettes et les poussettes ne passent plus. C’est une partie de la vie qui disparaît.

Ma disparition complète était-elle nécessaire pour moins de violence et de trafic et une belle perspective de l’avenue de la Bolière vers le bâtiment de la faculté des lettres ?

La passerelle disparue

De la poubelle (5)

185.  De la poubelle (5)

Cher habitant,

Je suis dispersée un peu partout dans la ville et mon utilité est indéniable. Je suis là exprès pour recueillir tout ce que tu veux jeter. Alors pourquoi tu mets tes déchets par terre ?

La poubelle

De la parole

179. De la parole 

Et blablablabla et blablabla 

– Hep, toi là-bas tu peux me prendre ! 

– Quoi ? Je croyais que le silence était d’or ? Mais pourquoi je te prendrais ? Pourquoi faire ? 

– Tout le monde doit me prendre ! C’est même essentiel ? Comment veux-tu que le monde change si tu ne me prends pas ?? 

– Bon, bon d’accord ? Je dois tourner 7 fois la langue dans ma bouche avant de te prendre.

– Oh, tu sais, même Dalida et Mr Delon m’ont prise ! Allez ; lance-toi !  

– Ok ok, je te prends. Je prends la parole. Demain….

La parole

Du café

178. Du café

Cher passant,

Tous les jours, je suis consommé aux quatre coins de la planète. Dès le matin, j’ai déjà du succès auprès de millions d’adeptes. On me torréfie généralement, et à chaque pause, je ravis les cours avec ma couleur et mon odeur qui s’associent parfois aux fumeurs. A la base, je suis en grains, puis en poudre et maintenant en capsules et même en dosettes. Mon arôme se retrouve aujourd’hui dans les parfums tels que des glaces ou des éclairs.
Je suis présent dans toutes les cuisines à côté des mixeurs. Mais ma vraie place se trouve dans la cafetière. Je suis généralement autour des 1€50 en terrasse. Même au boulot j’y ai ma place.

Le café

D’un fauteuil roulant

177. D’un fauteuil roulant 

Cher passant,

Je suis imposant. Je ne suis souvent pas le bienvenu. Assis sur moi rares sont ceux qui peuvent se passer de moi. Je suis indispensable au quotidien. Je suscite à mon arrivée le plus souvent de nombreuses questions et même de la peur. Je peux avoir différentes tailles. Je roule en été comme en hiver. Je traverse villes et pays. Je m’améliore au fur et à mesure du temps qui passe. Je remplace un membre. Je suis un fauteuil roulant.

Le fauteuil roulant

D’un bureau, d’une porte

176. D’un bureau, d’une porte

Chers habitants, 

Un bureau !!! Une porte !!! Qu’est ce que ça peut représenter pour vous ? Une porte ouverte ? ou fermée ? La porte peut être grande ouverte pour vous exprimer ou pour un petit mot sympa pour commencer votre journée. En aucun cas ce bureau ou cette porte ne peut être fermé si la bonne humeur s’installe ? Mais alors si vous rentrez dans ce bureau, montrez-lui votre sourire et le bureau vous le rendra.

Un bureau, une porte

Du vivre ensemble

171. Du vivre-ensemble 

Sourciennes, Sourciens, Orléanaises, Orléanais, 

Tu fais tant partie de notre histoire de vie, que parfois nous oublions de te considérer, de te magnifier et de te développer. 

Qui-suis-Je ?  Le vivre ensemble, notre capacité collective à faire de nos différences notre identité, notre dynamique et ce nouveau visage humain, de nos différents secteurs et quartiers. 

Le vivre ensemble

D’une expression sur un visage

170. D’une expression sur un visage 

Chers habitants,

Je ne suis qu’une expression présente sur chaque visage. Il me suffit d’apparaître pour faire s’illuminer une lueur au fond de moi et auprès des autres. Un geste simple et pourtant si fort. Je suis un sourire. Un sourire qui peut rassurer, qui peut aimer, qui peut s’amuser, qui peut exprimer un grand bonheur. 

Existant pour mes proches ou pour des inconnus, j’ai le pouvoir de renvoyer une sensation de bien-être.

Si chacun allume son sourire, mon quartier sera une éternelle flamme étincelante.

Une expression sur un visage

D’un morceau de carton abandonné

169.  D’un morceau de carton abandonné 

Chers habitants,

Je suis un morceau de carton jeté dans la rue, j’en ai marre que les soi-disant « grands du quartier » mettent du rap à toute heure. C’est agaçant, je ne ferme pas l’œil de la nuit ! Pourquoi faites-vous tant de bruit ? Pourquoi crachez-vous sur les bancs ? Je vous vois faire et ça me dégoûte ! Pourquoi jetez-vous des déchets par terre, il y a une poubelle, servez-vous en !

Le morceau de carton abandonné

D’une poubelle inutile

 168. D’une poubelle inutile 

Chers habitants,

Je ne comprends pas et je suis révoltée ! Pourquoi suis-je régulièrement vide et pourquoi  y a-t-il autant de déchets sur le sol… Partout ! Je vous vois tous, sortir de l’école et jeter vos papiers de gâteaux et vos briques de jus par terre ! Je vous vois passer en voiture et jeter vos papiers et mégots par la fenêtre ! 

Ne croyez-vous pas que la terre va mal ? Que la nature est plus belle sans ordures ?!  Eh je suis là !!!

Une poubelle inutile

De la colombe

167. De la colombe 

Cher passant,

Je survole le quartier de la Source, avant je m’y sentais tellement à mon aise, je survolais sans peur. Plus les années passèrent plus le quartier se dégrada. Je voyais, de là où j’étais, les bagarres entre jeunes, les fermetures des boutiques, le manque de respect des jeunes et les dealers, l’époque des voitures qui brûlaient. Maintenant je n’ai plus envie de survoler le quartier.

La colombe

Du petit chat

166.  Du petit chat 

Chers habitants,

Je suis un petit chat, j’adore venir dans les centres sociaux pour rencontrer plein de personnes agréables avec qui on peut se promener, discuter et faire des activités. Le quartier de La Source est sympa mais on retrouve trop de papiers et de saletés par terre alors qu’il y a assez de poubelles. Il faudrait aussi des activités le week-end sur Orléans pour occuper les enfants surtout l’hiver. 

Je suis le petit chat, le plus mignon et qui adore le monde.

D’une fleur qui parle

161. D’une fleur qui parle

Chers habitants,

Le quartier est bien mais les gens ne sont pas bien.

Les voisins sont embêtants, n’aiment pas que les enfants jouent dehors.

Le reste, c’est bien.

La fleur qui parle

Du jardin partagé devant l’école Louis Aragon

160. Du jardin partagé devant l’école Louis Aragon

Chers habitants,

Il y a des mamans qui ne se sentent pas en sécurité. Il n’y a pas de respect. Tout le monde stationne partout. Heureusement qu’il n’y a pas encore d’accident. C’est étonnant. Les chiens font caca dans le parc et les maîtres ne le ramassent pas.

Le jardin partagé devant l’école Louis Aragon

Du quartier

158.  Du quartier

Chers habitants,

Dans l’ensemble quartier assez dynamique : animations proposées régulièrement.

Parc bien entretenu même s’il manque un peu de structures pour les enfants.

Manque de solidarité entre voisins, plus manque de politesse parfois.

Police peu présente à mon goût, ce qui laisse les ados faire un peu n’importe quoi.

Le quartier

D’un arbre du parc de Lignerolles

156. D’un arbre du parc de Lignerolles

Chers habitants,

J’aime mon quartier car il est reposant. Il y a un air de campagne avec le verger et le parc.

Mais il y a des scooters qui gâchent la sérénité du quartier. C’est bruyant et dangereux pour les enfants et nos oreilles.

L’arbre du parc de Lignerolles.

De l’écureuil

155. De l’écureuil 

Quartier agréable avec un parc qui peut satisfaire un grand nombre d’habitants.

La maison Tati qui remplit bien son rôle : ambiance, savoirs, centre d’attraction du quartier.

L’écureuil

Du banc en palette dans une cour d’immeuble

153. Du banc en palette dans une cour d’immeuble

Cher habitant, 

Je suis le banc en palette de la cour commune. Je t’écris car je me sens souvent seul et voulais te dire que j’aimerais que tu me rejoignes plus souvent. En fait je crois que tu penses me déranger si tu venais sans prévenir. Et bien sois rassuré, car c’est tout le contraire. J’aime l’imprévu et les surprises. En fait mon rêve serait que tous les habitants de l’immeuble me rejoignent une fois par mois voire par semaine. Une fête des voisins régulière en somme. Alors, chiche ?

Le banc en palette qui t’aime

P.S.: N’hésite pas à me nettoyer de temps en temps car malheureusement je ne peux moi-même le faire.

Du racisme

151. Du racisme

Je suis partout, depuis toujours. 

Cependant, je ne suis pas nécessaire. 

J’empêche la paix et le partage. 

Trop d’amalgames, je veux que tous les hommes ne fassent qu’un. 

Aimez-vous selon vos affinités et pas d’amalgame !

Le racisme

De la poubelle (3)

143. De la poubelle (3)

Enigme…

Cher passant,

Je suis utile dans la vie de tous les jours.

Les ados dans le quartier m’utilisent très peu. Ce qui me rend triste.

Mon papa se nomme Eugène.

Je suis souvent seule, mais je suis dans une famille nombreuse.

La poubelle

Du kebab

142. Du kebab

Cher passant,

Beaucoup de personnes aiment me manger.

Ça se mange accompagné de frites.

Ça se mange dans la cité à la table de ping-pong.

On me mange dans un Kebab.

Le kebab

De la table de ping-pong

141. De la table de ping-pong

Cher passant,

Les personnes jouent sur moi avec une balle.

Parfois je me plie.

J’ai un filet.

Il y en a une dans la maison de quartier, dedans et à côté.

La table de ping-pong

De la liberté

132. De la liberté

Chers patriotes,

Bonjour, je suis la liberté, je suis fière de mon nom et j’apparais au fronton de toutes les mairies de France.

Je suis heureuse d’avoir libéré de leurs chaînes les esclaves noirs, je les ai rendus libres, libres de circuler, libres de mener leur vie, libres de chanter, danser, courir, d’avoir des ailes. Ne plus sentir l’oppression sur eux, quelle joie !

Ça, c’était il y a longtemps car je déplore qu’au 21 siècle des personnes vivent encore privées de liberté. Je suis frustrée de ne pas avoir réussi à en donner un peu à tous ceux de par le monde qui sont oppressés. Je le ressens comme un échec.

Demandez-moi quel est mon rêve ? Eh bien, je souhaiterais que tous les humains soient libres, sans chaîne sans pression, sans esclavage moderne.

A bon entendeur, salut

La liberté

Du lampadaire de la rue de Verdun

124.  Du lampadaire de la rue de Verdun

Cher passant,

Ils m’ont remplacé, oui ils m’ont remplacé. Lève la tête. Oui c’est moi le lampadaire ou plutôt l’esprit du lampadaire. Avant celui-ci, tout beau tout neuf qui se recharge avec le soleil, j’étais moi-même un lampadaire, tout simple. Oh bien sûr je n’affichais pas les mêmes performances énergétiques comme ils disent que mon successeur, mais j’avais un certain succès.

La rue de Verdun de Fleury était moins passante à l’époque mais j’avais déjà une place de choix à son extrémité. Les soirs d’été, les gamins du quartier se rassemblaient sous mon abat-jour. Ils se tordaient le cou pour me regarder d’en dessous, hypnotisés par l’animation qui se jouait autour de ma lampe ;  c’est qu’il y avait du monde là-dessous ! Des centaines de hannetons attirés par ma lumière tournaient jusqu’à en perdre la tête et tomber au pied des gamins ébahis. C’était un rituel, tous les étés les enfants du quartier venaient au rendez-vous des hannetons sous mon abat-jour.

Un soir, un soir parmi les soirs, inoubliable, deux voitures sont arrivées en trombe et se sont arrêtées au coin de la rue. Elles venaient y terminer une course poursuite. La vitre arrière de la plus belle des deux autos était ouverte et les enfants ont reconnu… Claude François ! Il avait donné un concert à Orléans et poursuivi par des hordes de fans s’était enfui. C’est du moins ce que j’ai entendu le lendemain de la bouche d’habitantes du quartier qui commentaient la République du Centre.

Point de portable, point de selfie, point de cris non plus, les enfants, je m’en souviens, sont restés muets, interloqués et c‘est seulement quand les voitures eurent redémarré qu’une petite fille a dit « Oh ben alors, c’était cloclo ! ».  J’ai perdu ce soir-là mon statut de vedette ; la lumière était dans les yeux des enfants et les hannetons dansaient autour de ma lampe dans la plus grande indifférence.

Le lampadaire de la rue de Verdun

Du trottoir

118. Du trottoir 

Cher passant, 

Je suis un trottoir, je ne suis pas très grand mais suffisant pour accueillir tout le monde.
Pourquoi on ne me retire pas toutes ces feuilles qui me salissent et font glisser les passants ?
Pourquoi cette dame me quitte subitement alors que deux jeunes gens de couleur arrivent en face ?
Pourquoi ce jeune homme et sa trottinette ne laissent pas passer ces deux personnes âgées qui sont obligées de descendre sur la chaussée ?

Je suis un peu triste de voir tout ce que je vois chaque jour : des disputes, des incivilités comme les chiens qui se laissent aller, des échanges de petits paquets contre des euros, ou parfois je ne suis pas assez large pour que cet homme qui sort du bistrot rentre chez lui sans encombre.
Ah tiens ! ça y est, c’est l’heure de la toilette, la balayeuse passe, hélas trop vite parlé, ce n’était pas encore pour moi. Heureusement chaque jour, j’ai la visite du balayeur qui ramasse les papiers, les mégots, les canettes qui me salissent alors qu’une poubelle est à deux pas.

C’est ma vie… et je ne peux rien faire pour l’améliorer. 

Le trottoir

Du soleil (2)

117. Du soleil (2)

Cher passant, bonjour, 

Je suis le soleil et quand je me promène dans le quartier, je vois des personnes seules, elles semblent isolées, je ne les rencontre pas sur le chemin de la maison de quartier, ni sur les animations diverses et moi le soleil j’aimerais bien éclairer leurs vieux jours et faire en sorte qu’elles se sentent le moins possible seules.

Comment faire ?

Le soleil

Du crayon qui passe de main en main

116. Du crayon qui passe de main en main 

Cher passant,

Je suis un crayon, j’ai bonne mine, je passe de mains en mains. Tantôt un petit garçon essaie de me tenir entre ses petits doigts pour écrire un gentil mot à sa maman et dessiner un joli cœur. Arrive son grand frère qui me malmène pour laisser un papier comme quoi ce soir il ne sera pas à la maison. Il m’emmène avec lui et me perd en route. 

Un homme me ramasse, me regarde et écrit sur l’affiche située en face des insanités, des gros mots sur les jeunes qui boivent leur café non loin et il se sauve me laissant en plan. 

Une jeune fille me regarde et elle me prend dans ses doigts et me met dans sa poche bien au chaud. Elle est douce et gentille. Arrivée au lycée, elle me sort et écrit « Je t’aime mon petit cœur ». Le jeune rougit et…

Voilà mon périple et mon histoire.

Le crayon qui passe de main en main

De la poubelle publique

114. De  la poubelle publique

Cher passant,

Je suis la poubelle publique de l’Espace ROL Tanguy. Je suis là depuis 10 ans et j’ai peur. Peur de disparaître car personne de ne me voit. Les enfants, les adultes, les passants jettent papiers, bouteilles, déchets divers sur le trottoir… mais moi je suis là, pourquoi ne me confient-ils pas leurs déchets ? C’est ma raison d’être.

La poubelle

Du banc (2)

113. Du banc (2)

Cher résident,

Je suis bien installé dans ce parc au milieu des HLM, d’ailleurs beaucoup me choisissent pour venir se reposer ou passer un après-midi avec les enfants. A la tombée du jour, je n’aime pas quand les grands ados me salissent avec leurs chaussures boueuses en prenant mon dossier comme assise. Ils s’en moquent bien. Ils sont davantage préoccupés par leur trafic illicite et curieusement changent de sujet à l’approche de la vieille dame du quatrième.

A côté de moi, les services de la mairie ont placé une poubelle, mais elle ne doit pas être assez visible car bien souvent ils jettent leurs canettes et boîtes de fast-food sur la pelouse. Mais il n’y a pas qu’eux, les mamans sont sans réaction quand un de leurs petits ignore les usages de bienséance. Alors devant moi, je ne vois qu’un espace vert jonché de détritus.

Quelle désolation !

Le banc

Du lampadaire au LED

112. Du  lampadaire au LED

Cher passant,

Si j’étais un  lampadaire, je préférerais être éclairé avec un LED qui ne s’allumerait que quand il y a des piétons ou des voitures.

Le lampadaire au LED

De l’arrêt de bus

110. De l’arrêt de bus

Cher passant,

Si j’étais un arrêt de bus ou de tram, je verrais plein de gens jeter des choses par terre. Si seulement il y avait une poubelle à  côté de chaque arrêt ou station. Et aussi un cendrier, car beaucoup fument avant de prendre leur bus ou tram. Du coup il y a plein de mégots par terre. Les mégots de cigarettes peuvent aussi être recyclés. Peut-être qu’une entreprise d’insertion de la commune pourrait étudier ce projet.

L’arrêt de bus

De la poubelle, du massif, du siège et de la place de parking

100. De la poubelle, du massif, du siège et de la place de parking

Cher passant,

Je suis une poubelle et je me désespère de voir les canettes, les papiers, les mouchoirs traîner à côté de moi. Les gens n’ont pas le courage de me remplir.

Je suis un massif de fleurs et je suis dégoûté de voir les trottoirs envahis par les herbes. 

Je suis un siège du tram et je vois les incivilités, pieds sur les sièges, conversations au téléphone, aucun respect pour les autres.

Je suis une place de parking privé et n’importe qui vient se garer sans demander l’autorisation. 

La poubelle, le massif, le siège et la place de parking

De la machine à café (2)

98. De la machine à café (2)

Cher comité d’entreprise,

Je vous remercie de la place que vous m’attribuez dans votre bâtiment. Je suis au courant de tout ce qui se passe et j’écoute toutes les personnes pendant leurs pauses. Vous avez su voir en moi une capacité d’accueil, afin de répandre la bonne humeur. 

Mais voilà ! Pourquoi est ce que je ne travaille que pendant que vous êtes en pause ? Je souhaite donc prétendre à un job à temps plein, compte tenu des années d’expérience que j’ai (j’ai quand même 30 touillettes) !

J’ai su en plus évoluer au sein de votre entreprise, proposant chocolats chauds, soupes ou cappuccinos. 

En espérant une réponse favorable à ma demande, veuillez agréer, je vous prie d’accepter ce café sucré. 

Électriquement vôtre,

Votre machine à café

De l’escalier

97. De l’escalier

Cher passant,

Chaque jour je vois passer plein de personnes, d’autres jours je m’ennuie. Il y a aussi la dame qui prend bien soin de moi. Mais certains me prennent pour un urinoir public. Quelques fois je sers de cendrier ou de poubelle. 

Mais quand il y a un mariage les gens se sont mis sur leur trente et un, et je vois de belles choses. 

L’escalier

Du corbeau

94. Du corbeau

Cher passant,

Je suis un corbeau, je vois chaque matin les enfants et les collégiens qui se dirigent vers leurs établissements scolaires… Mais voilà je vois beaucoup de rancunes.

Nous chez les corbeaux nous décidons ensemble et si nous ne sommes pas d’accord, grand-père corbeau prend la parole. Pourquoi chez vous cela ne se passe-t-il pas comme ça ?

Le corbeau

Du banc

91. Du banc

Cher passant,

A l’aube de mon nouveau jour, j’attends avec impatience la venue de personnes qui s’assoient sur moi. Je ne parle pas mais j’écoute, j’entends des rires, des pleurs, de l’émotion. Parfois il y en a qui me prennent pour un fauteuil. Mais le pire c’est en fin d’après-midi : il y a quelques jeunes qui ne me respectent pas, qui ne prennent pas soin de moi, qui essaient de me déplanter. 

Je suis un pauvre banc mais qui est là pour vous reposer.

Le banc

Du lampadaire de rue (2)

84. Du lampadaire de rue (2)

Cher passant,

Je suis un lampadaire de rue. Je vois beaucoup de monde passer en dessous de moi, s’appuyer. J’ai un visuel jusqu’à la plage où je vois des gens se baigner dans la mer si bleue, si belle. Oh que j’aimerais aussi me baigner avec eux. Mais ma place est là sur le trottoir.

Le lampadaire

De la voiture

83. De la voiture

Cher passant,

Si j’étais un objet sur St Jean de la Ruelle, je serais une voiture. Je transporte des gens, je vois les gens passer, traverser dans la rue.

La voiture

De l’appareil photo

79. De l’appareil photo

Cher passant,

Je suis un appareil photo qui est arrivé sur le quartier de La Source dans les années 60. A cette époque, le quartier se construisait avec de nouveaux immeubles, de jolies maisons, autour des lacs, de l’orée de Sologne ou de l’université.

Que de photos j’ai fait au fur et à mesure que le quartier se développait avec tous ces habitants jeunes, pleins de vie, avec cette verdure préservée, avec de grands arbres, les oiseaux, les cygnes dans les lacs, les écureuils etc. 

Photographier toutes ces jeunes femmes joyeuses avec des tenues légères, cheveux au vent.

Mais je vais devoir aller faire des photos dans un autre quartier car maintenant ce sont des femmes vêtues de noir, qui d’ailleurs font peur aux enfants qui les prennent pour des fantômes. Quel dommage moi qui aimais tant mon quartier. 

L’appareil photo

De la tasse de café

78. De la tasse de café

Cher habitant,

Je suis une tasse de café. Je suis posée quand il fait beau sur un plot face au bar et je suis à l’initiative de rencontres, entre copains et avec des passants enfin quelques-uns. Une dame passe et plaisante avec les propriétaires de cette tasse de café.  Je suis donc à l’initiative de discussions avec des personnes souvent laissées à l’écart car différentes des autres. C’est qui les autres ? Ceux qui boivent leur café chez eux au chaud et à l’écart des gens différents.

La tasse de café

De la tolérance

74. De la tolérance 

Cher passant,

C’est l’histoire de la tolérance, d’une petite tolérance qui voudrait devenir grande. Elle se démène tous les jours, se fait belle, mais rien n’y fait : peu de gens se retournent à son passage. Et pourtant, elle voudrait être adoptée par toutes et tous… Elle a encore du travail, elle doit persévérer, le temps que les gens règlent leurs différends et acceptent leurs différences.

La tolérance

Du sapin

72. Du sapin

Bonjour, chers habitants du centre-ville d’Orléans,

Je suis le Sapin, le sapin de l’allée des sapins à Orléans La source. Sous mes frondaisons, les Orléanais sourciens aiment se promener, échanger, papoter, jouer. D’ailleurs, je ne suis pas seul comme espèce d’arbres dans cette belle allée de près de deux kilomètres de long. Comme membres de ma famille, on y rencontre des Epicéas, des Sapins Nordmann et autres.

Sous mes branches, on peut méditer. Toujours vert, je suis un messager qui encourage à poursuivre son chemin, à supporter les problèmes de l’existence comme mes branches supportent le poids glacé de la neige.

On y rencontre aussi le Houx qui, depuis la nuit des temps, notamment dans l’Antiquité païenne, est le symbole de la persistance de la vie végétale au cœur de l’hiver. Il est un symbole à l’occasion des fêtes de Noël.

Vous pouvez voir aussi du Gui : on dit que, lorsque des ennemis se rencontraient sous une branche de gui dans la forêt, ils devaient déposer les armes et observer une trêve jusqu’au lendemain. C’est de là que viendrait la coutume de suspendre une boule de gui et d’y échanger un baiser en signe d’amitié et de bienveillance.

Le Châtaignier, symbole de vérité, de vigueur, de générosité et de justice tient sa place, une allée lui a même été donnée à proximité.

Le Chêne bien entendu présent, symbolise la force invincible, la longévité, la solidité, la justice, la communication entre le ciel et la terre. Mais aussi l’hospitalité, la générosité, comme tous ces habitants que je vois passer chaque jour.

Je voudrais donner encore plus envie à toutes ces communautés fréquentant ces lieux, d’y revenir, d’y partager un moment pour discuter de la vie du quartier, du bien vivre ensemble.

Tout naturellement, je verrais bien au beau milieu de cette allée, un lieu où l’on pourrait, à mes côtés, retrouver :

– Un Cèdre du Liban : considéré comme un arbre sacré, il est mentionné dans les trois grandes religions monothéistes (Islam, judaïsme et christianisme).

– Un Olivier : symbole de longévité et d’espérance, l’olivier est réputé éternel. Il est le symbole de la paix, de la sagesse.

Bref, accueillir tous ces habitants d’ici et d’ailleurs, tout ce que doit être notre quartier, et vous m’en verriez réjoui.

Le sapin

D’un caniveau

 70. D’un caniveau

Chers voisins du dessus,

C’est votre dévoué Caniveau qui vous écrit. Je sature, je n’en peux plus de déborder alors même que ma joie de vivre est d’écouler, d’écouler abondamment et goulûment tout le contenu du ciel qui vous tombe sur la tête dans l’année. Alors s’il vous plaît, laissez-moi libre de tout encombrement. Oui, je vous en prie, écoulez-moi, écoulez-moi bien s’il vous plaît, surtout en période de déluge.

Liquidement vôtre,

M.Caniveau

D’une poubelle

69. D’une poubelle

Cher passant,

Je te vois tous les jours et je te suis utile. Mais parfois, tu m’ignores. Je souhaite simplement de ta part un peu plus d’attention.

Une poubelle

Du lampadaire

68. Du lampadaire

Chers habitants,

Normalement, je suis là pour éclairer la rue et pour te permettre le soir de rentrer chez toi sans être agressé dans le noir. Mais ceux qui vous gouvernent et décident pour vous ont fait de vous des marginalisés, des laissés-pour-compte et des jeunes sans perspectives, sans travail, sans aucun respect pour votre dignité d’être humain.
Alors, j’ai décidé de rester allumé pour vous permettre de suivre la voie éclairée vers la société de droit pour toutes et tous afin d’être plus audibles et plus visibles dans une société généreuse et fraternelle.

Le lampadaire

De Milou, le chien

64. De Milou, le chien

Cher passant,

On dit de moi que je suis ton meilleur ami bien que je te donne quelques « soucis » en laissant traîner mes excréments. J’essaye de te retrouver sous les décombres de maisons effondrées ou sous une avalanche. Certains de mes congénères aident tes semblables dans leur vie quotidienne car ils ne voient pas.

Un peu d’affection, s’il te plait.

Milou, le chien

De la bouche d’égout du coin de la rue

63. De la bouche d’égout du coin de la rue

Bonjour, vous, habitants du quartier,

Je suis la bouche d’égout du coin de la rue. Vous passez sans me voir… mais moi, j’ai le temps de voir vos pieds. Y en a des grands, des petits, des bien chaussés, et des mal chaussés. Mais tous vont vers leur destination. Moi, je ne fais pas de différence : tous ces pieds ont leurs raisons d’être là et tous ont le droit de vivre et de poursuivre leur chemin.

J’aime bien penser que, comme moi, vous allez aimer les pieds de tous ceux qui marchent dans votre quartier et aider les propriétaires de ces pieds à poursuivre leur chemin…

La bouche d’égout du coin de la rue

Du sens interdit

Du sens interdit

Chers habitants,

Je suis le sens interdit à coté de la Maison Pour Tous Nord. Je suis tombé et plus personne ne me voit, ne me regarde et surtout personne ne me relève.

NE M’OUBLIEZ PAS SVP  !!

Le sens interdit.

Du tram (2)

56. Du tram (2)

Cher habitant,

Moi, le tram, je vois du monde comme ce n’est pas possible. Des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes, des enfants etc… Je suis toujours étonné de voir ce monde, souvent seuls même s’ils sont plusieurs ensemble mais chacun avec son doudou dans la main :

des étudiants tapotant sur la machine

la mère de famille avec poussette et enfant en liaison avec je ne sais qui à travers sa machine

un homme sortant du boulot en train de faire un jeu sur sa machine

Je vois quand même quelques fois des gens tenant une conversation avec leur voisin sans intermédiaire. Ne serait-il pas possible de créer des animateurs avec la mission de faire se rencontrer ces personnes qui pensent échanger mais qui ne prennent peut-être pas le bon moyen pour améliorer le vivre ensemble.

Le tram

D’un bus de la ligne 1

55. D’un bus de la ligne 1

Cher passant,

Je suis un bus de la ligne 1. Je vais de Saran Vilpot à l’hôpital de La Source, en passant par les Blossières, la gare, le centre d’Olivet et La Source. Le même trajet dans l’autre sens évidemment. Ce qui me plaît, c’est la variété des rues, des places, des immeubles. C’est aussi la diversité des passagers que je transporte : tous les âges, toutes les catégories sociales, tous les caractères. Il y a les habitués que je vois tous les jours : des lycéens ou des étudiants, des personnes qui vont au travail ou en reviennent. Aussi des étrangers, un peu perdus la première fois où ils débarquent à Orléans. Mais quelque chose m’embête : les étrangers ne se parlent pas beaucoup entre eux. Pourtant, je le sais, beaucoup voudraient bien être moins seuls.

Un bus de la ligne 1

D’un oiseau

52. D’un oiseau

Cher passant,

Je suis un oiseau. J’ai la chance de pouvoir me poser sur terre ou de m’envoler très haut, très haut. Je suis content aussi de m’avancer vers vous pour picorer au passage ce que vous aurez laissé tomber ; mais surtout pour vous écouter discuter de ce qui vous soucie, vous préoccupe et que vous vous donnez la peine de discuter avec les autres, si divers à tous points de vue. Excusez cette longue phrase. Chacun est divers par son origine, son lieu de vie (ou ses lieux), ses expériences, ses émotions, sa formation… mais il y a aussi des ressemblances …

Un oiseau

De la boite aux lettres

49. De la boite aux lettres

Cher habitant,

Je suis la boite aux lettres de ton quartier. 

Sais-tu que tu peux déposer des messages ? 

Je suis là pour les transmettre. 

La communication est très importante, alors n’hésite pas.

La boite aux lettres. 

De la porte

48. De la porte

Cher habitant,

Toi qui chaque soir me gardes et ne m’ouvres que si l’autre accepte TES règles, dans TON quartier.
Toi qui m’utilises pour indiquer à l’autre que votre collaboration est finie et qu’il ne lui reste qu’à pleurer sur SON sort.
Toi qui me fermes, me claques, me verrouilles, signifiant ainsi les limites de TA propriété…
Réveille-toi, ouvre-moi à l’autre car ainsi ensemble nous apprendrons et grandirons humainement.

Ton amie LA PORTE

De la lune (2)

46. De la lune (2)

Chère amie,

Au cœur de la nuit, quand les ténèbres enveloppent la ville qui s’endort, je suis là, je veille, même si je suis de temps en temps cachée par les nuages. Ma clarté silencieuse vient consoler le cœur brisé de celui qui n’arrive pas à dormir, vient apaiser les tumultes de l’angoisse, donner l’espoir au prisonnier.

La lune

De la rame de tram

44. De la rame de tram

Cher habitant,

J’aimerais tant passer plus souvent ! Ouvrir largement mes portes à chacun, petit ou grand, jeune ou vieux. Chacun pourrait monter ou descendre, sans rien payer. Et, comble de bonheur, je passerais régulièrement, sans interruption…

La rame de tram

Du lampadaire de rue

 33. Du lampadaire de rue

 Cher passant,

Pousse-toi un peu, y’en a d’autres à côté. Aïe, aïe ! Ce sont les roues de la poussette, elles m’ont foncé dedans. Tu peux t’adosser mon vieux papi, je suis là pour ça. Je sais bien que l’eau de la pluie peut nettoyer ma belle allure mais ce n’est pas une raison pour cracher sur mes fondations. J’en ai assez déjà des pattes levées de ces chiens mal dressés dirigeant leur jet puant sur moi. Quand vient le soir, je suis le plus heureux et j’ai fière allure, la lumière jaillit de mon dedans et guide le mouvement. C’est merveilleux ces étoiles naissantes de cette fine pluie combiné à la lumière que je répands.

Le lampadaire de rue

 

Du palmier

 30. Du palmier

Cher passant,

Si l’on est migrant,

Un regard, un sourire,

Cela veut dire qu’on existe pour quelqu’un

Vaincre l’indifférence

Faire société

Créer du lien

Et reconstruire ensemble ce monde abîmé

En prenant soin de l’autre et de la vie.

Le palmier